vendredi 2 décembre 2016

Au revoir, François Hollande

Hollande 1dec 2016


Par Gabriel Robin, SG du CLIC le 02/12/2016

Il était acquis que François Hollande ne se représenterait qu’en cas de victoire de Nicolas Sarkozy aux élections primaires de la droite. Son meilleur ennemi disparu des radars, c’est tout naturellement que le Président aura renoncé à se présenter à sa propre succession, plombé par sa monstrueuse impopularité. Une première dans l’histoire de la Ve République. Nous vivons une époque époustouflante où nos certitudes sont sans cesse questionnées par les événements.
 
Bousculé pendant cinq ans par des causes exogènes comme endogènes, François Hollande a souhaité rester dans l’Histoire de la sorte. Les différents livres de confession récemment sortis témoignaient d’une même volonté, en dépit de l’accueil glacial qu’ils reçurent. François Hollande ne sera, désormais, plus qu’un lointain souvenir, mauvais pour la plupart d’entre nous.
 
Fondamentalement, il n’avait pas su mesurer les difficultés énormes qu’entraînent l’exercice du pouvoir suprême dans les sociétés post-historiques dans lesquelles les souverainetés se sont déplacées du pouvoir politique vers les pouvoirs médiatiques, financiers et les institutions supranationales. Un Président n’ayant plus qu’une fonction symbolique s’il refuse de s’opposer fermement aux nouveaux pouvoirs qui viennent contredire les thèses de Montesquieu.
 
Le système crée ses anticorps, rejetant les organes trop faibles qui pourraient le conduire à sa perte. Ainsi, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et François Hollande ont sombré, emporté par les flots de l’interrègne gramscien. Qui pour les remplacer ? D’abord, François Fillon, pourtant lui-même tributaire du bilan de Nicolas Sarkozy.
Chargé de reconstituer artificiellement le clivage droite/gauche, il proposera de renforcer les politiques d’austérité tout en faisant mine d’incarner le changement.
 
À gauche, les élections primaires, qui ont achevé de condamner François Hollande devraient se résumer en un duel opposant Manuel Valls à Arnaud Montebourg. Manuel Valls a pour lui d’incarner une certaine verticalité. Arnaud Montebourg pourrait profiter de son image et de son opposition, au moins factice, aux politiques menées par l’Union européenne. En outre, contrairement à Manuel Valls, il est apprécié de la base du parti et des militants. Des fédérations importantes, comme la Haute-Garonne, le soutiennent depuis déjà plusieurs mois. N’excluons pas un retour sous les projecteurs de Martine Aubry, toujours très populaire à gauche.

Il s’agira, maintenant, pour Marine Le Pen de bien faire comprendre aux Français que cette diversion ne présage d’aucune évolution intéressante mais d’un retour au statu quo. Elle en a la capacité.

Son offre, clairement identifiable, est articulée autour du retour de nos souverainetés dans la maison France et de la protection de notre identité. Personne ne le propose à part elle. Si les candidats socialistes et républicains iront, chacun leur manière, « chasser sur les terres du Front National », il faudra les démasquer pour ce qu’ils sont : les dernières chances d’un vieux malade qui refuse de s’effacer pour faire place au retour de l’Histoire.