dimanche 4 décembre 2016

BAP : bal tragique chez les socialistes

Cambadelis 1


Par Yannick Chauvin * le 04/12/2016

Elle se serait appelée Belle Alliance Française, on aurait compris : l’acronyme – BAF – aurait été un excellent résumé de la mésaventure de Cambadélis, l’homme qui rêvait de diriger les socialistes et qui est seulement parvenu à s’asseoir dans un fauteuil démuni de volant. « Pas de bol », comme dirait le Président du passé : il a créé la BAP, pour Belle Alliance Populaire. Cet homme a un petit faible pour les appellations foireuses. Déjà, en avril dernier, pour la poignée de socialistes qui avouaient rester fidèles à Hollande, il avait monté un truc qu’il avait appelé « Hé oh la gauche », sorte de cri de détresse, de SOS pathétique, à destination de ceux qui avaient porté Hollande au pouvoir et s’en étaient détournés massivement au fil du temps. Ce devait être le point de départ d’une énergique opération de reconquête au cours de laquelle la statue du Commandeur serait requinquée. On connaît la suite.

Pas découragé pour si peu, Camba remet le couvert. Et sa « Belle Alliance Populaire » toute neuve vire en eau de boudin. La BAP tenait meeting, hier soir. Camba attendait 10.000 personnes et, surtout, tous les candidats à la primaire socialiste, histoire de montrer qu’on est tous ensemble, qu’on forme bloc, qu’on s’aime, qu’on est les meilleurs, et youkaïdi youkaïda !

Fan de chichourle ! comme on dit près du Vieux-Port. Un désastre pareil, on n’en avait pas vu depuis Trafalgar. Deux à trois mille participants, des centaines de chaises vides et pas une seule tête d’affiche. Que des seconds, des troisièmes et des énièmes couteaux, défraîchis, inaudibles, incantatoires. Aucun prétendant à la nomination. Aucun poids lourd du parti, style Martine Aubry ou Anne Hidalgo. Aucun « frondeur ». Bref, une sorte de goûter d’enfants tristes. Même Le Foll, l’aficionado le plus permanenté du PS, n’a pas fait le déplacement.

Pour décrire l’état de déliquescence avancée de cette assemblée de fantômes, il paraît qu’on a entendu un cri surréaliste : « Najat Présidente ! » C’est, sans nul doute, la pire injure qu’un socialiste ait pu adresser à Hollande l’Aboudabien ainsi qu’aux candidats déclarés ou futurs. Valls devait clôturer la réunion. « Pas question ! » se sont étouffés de rage les compétiteurs : « Et nous, alors, on compte pour du beurre ? » et, aussi sec, de snober ce barnum. « Ambiance de fin de règne », titre BFM TV. « La BAP n’a d’alliance que le nom », observe finement L’Express. Le Figaro parle d’un « rendez-vous manqué ». Même L’Obs, la dévote feuille socialisâtre, évoque « le PS et ses microscopiques alliés ».

Le bon docteur Coué a encore des émules. Cambadélis, au cours de la réunion, la main sur le cœur et la rose au fusil, a annoncé : « Nous allons faire en sorte que les primaires de la gauche soient un immense succès. » Entre deux Scud dirigés sur François Fillon, le premier secrétaire du PS n’a pas échappé au ridicule en sanctifiant François Hollande :

« Respect pour un homme qui a fait face et qui, aujourd’hui, s’efface pour nous laisser la place. Respect pour cet homme qui a pensé d’abord à la France et qui a vu la situation dans laquelle elle était, et qui n’a pas voulu ajouter le désarroi, la difficulté, la polémique. »
 
Ce ne serait pas si grave pour le pays, on hurlerait de rire devant tant d’aveuglement et de mauvaise foi.

* L'auteur ou les auteurs du présent article ne sont en rien membres du FN, du RBM ou d'un mouvement de cette famille politique -à la connaissance du BYR- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.