mercredi 7 décembre 2016

Cuba : le vrai dérapage de Ségolène Royal

Royal Ségolène


Par Michel Lhomme * le 07/12/2016

Représentante de la France aux funérailles du dictateur cubain  , Ségolène Royal, la seule personnalité politique européenne de haut rang avec le Premier ministre grec, a  célébré le dictateur et fait l’éloge de la dictature.  En fait la gauchoshère aurait aimé célébrer le « doux pays des Droits de l’Homme ». Les propos peuvent paraître  une bévue mais ils ne nous étonnent pas. Ils furent plus ou moins calculés pour pouvoir se « retirer » avec le panache du drapeau rouge.

La championne écologiste de la Com 21 était donc une passionaria du « Commandante ». Chez Ségolène, Castro est un  « monument de l’histoire ». «Grâce à Fidel Castro, les Cubains ont récupéré leur territoire, leur vie, leur destin. Ils se sont inspirés de la Révolution française sans pour autant connaître la terreur qu’il y a eu pendant la Révolution française ». Ségolène Royal a souligné  l’existence sur l’île d’« une liberté religieuse » et d’ « une liberté de conscience ». Et d’ajouter : « Ecoutez, il y a beaucoup de désinformation.. Il y a toujours du positif et du négatif dans les histoires, mais certains ne vont pas se rhabiller à bon compte au nom des droits de l’homme alors qu’on sait qu’ici, quand on demande des listes de prisonniers politiques, on n’en a pas. Et bien fournissez-moi des listes de prisonniers politiques, à ce moment-là on pourra faire quelque chose. Donc il faut savoir regarder les choses positivement même si ça dérange ».

L’affirmation que la Terreur n’ait pas eu lieu lors de la Révolution cubaine est erroné. On ne peut en effet passer tous ceux qui furent assassinés sommairement lors de la prise du pouvoir. On ne peut occulter de l’histoire les 146 personnes fusillées lors de l’épuration mise en place à partir de 1960 et organisée par Che Guevara et le frère de Fidel, actuel président. Dans les années 2000, il y en avait encore 300 prisonniers politiques dans les geôles cubaines. On ne peut omettre aussi de rendre hommage à des écrivains qui ont payé de leur vie comme Reynaldo Arenas  ou à la condamnation par le régime de l’immense œuvre de José Lezama Lima. A tout cela, il faudrait ajouter les deux millions de réfugiés – soit environ 20% de la population cubaine –, spoliés de leur passé et condamnés simplement pour survivre à soutenir l’impérialisme américain à Miami ou ailleurs en Amérique latine. Mais tout ceci n’est peut-être que de la poudre aux yeux car il y a une autre affaire Ségolène Royal d’autant plus grave que ces déclarations funéraires sur fond de drapeau rouge sang.

C’est la gestion de la ministre de l’Ecologie, ancienne présidente de Poitou-Charentes. Cette gestion est actuellement examinée par la chambre régionale des comptes et vient de faire l’objet d’un livre réquisitoire. C’est un livre qui préoccupe Ségolène Royal.  La Princesse Royal de Patrick Guilloton n’est pas vraiment tendre avec la ministre de l’Ecologie à l’âme solidaire. C’est en effet un réquisitoire en règle contre les méthodes de gouvernance de l’ancienne présidente de la région Poitou-Charentes.

Patrick Guilloton, ancien journaliste à Sud-Ouest  pointe ses choix financiers. L’auteur raconte avec la minutie d’un greffier la gestion de l’ancienne candidate à la présidence de la République à la tête du conseil régional, ses dépenses pharaoniques (le fiasco de la voiture électrique qui aurait coûté 22 millions d’euros à la collectivité), sa « légèreté » qui a conduit à des dérives  rarement atteintes en France et désormais entre les mains des magistrats de la chambre régionale des comptes.

Accusée de mauvaise gestion en Poitou-Charentes, Royal crie  à la diffamation. Le socialiste Alain Rousset, président de la grande région Nouvelle-Aquitaine, qui gère désormais le Poitou-Charentes, a tout de même avoué avoir découvert avec effarement des factures impayées de 132 millions d’euros ainsi que des emprunts « potentiellement toxiques », avoisinant les 130 millions d’euros.

Ce n’est plus la Princesse Royal, c’est Gabegie la Magnifique.

Normalement, les juges devraient rendre leur rapport avant la fin de l’année et s’ils estiment que les comptes ne sont pas exacts, Ségolène Royal pourrait être poursuivie devant une juridiction pénale. Dans l’entourage de la ministre, on a toujours minimisé l’affaire, mais, à l’Elysée, ce dossier avait donné ces dernières semaines des sueurs froides à François Hollande. Hollande a démissionné, Ségolène pourrait le faire à propos de Cuba et ainsi, tous oublieront Ségolène et encore plus son modèle qui effectivement menait comme elle une double vie de luxe comme on peut le lire  dans les confessions de son garde du corps publiées chez Michel Lafon.
 
* L'auteur ou les auteurs du présent article ne sont en rien membres du FN, du RBM ou d'un mouvement de cette famille politique -à la connaissance du BYR- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.