samedi 31 décembre 2016

En attendant les vœux du Président…

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Par Georges Michel, Secrétaire général adjoint du FN84 le 31/12/2016

Les plumitifs du Président doivent, en ce moment, se gratter la tête pour pondre les dernières lignes qui défileront sur le prompteur, ce 31 décembre au soir, devant celui qui n’aura sans doute qu’une hâte : celle d’en terminer au plus vite avec cette figure empesée, vieille de bientôt soixante ans – les vœux télévisés du Président.

Cela dit, François Hollande possède le rare privilège, si l’on peut dire, de rejoindre le cercle restreint des présidents de la Ve République qui, le 31 décembre de l’année précédant l’élection présidentielle, savaient qu’ils en avaient terminé avec cette corvée. Dans ce cercle : François Mitterrand en 1994 et Jacques Chirac en 2006.

Ce n’était pas le cas du général de Gaulle qui, le 31 décembre 1968, après la chienlit du joli mois de mai, avait repris la main… pour un temps. Portant « en terre les diables qui nous ont tourmentés pendant l’année qui se termine », il ignorait, en effet, que quatre mois plus tard, il aurait quitté le pouvoir. Définitivement. Son souhait de bonne année en appelait, non pas aux vertus théologales, mais patriotiques : « Pour la réussite de la France, je nous souhaite à tous, en son nom, la foi et l’espérance nationale. »
Autres temps…

Évidemment, Georges Pompidou, qui portait en ce 31 décembre 1973 le poids de la souffrance physique sur le visage, ne savait pas que, dans quatre mois, la maladie l’aurait emporté.

Des vœux marqués aussi par les débuts de la crise énergétique et du chômage de masse.

Valéry Giscard d’Estaing, lui non plus, ne pensait sans doute pas, ce 31 décembre 1980, que ses vœux seraient les derniers. Les législatives de 1978 avaient sonné comme un avertissement (une gauche à plus de 49 %) et, en ce soir de la Saint-Sylvestre, à quatre mois de la présidentielle, Giscard en appelle à la raison du peuple français, en des mots imprononçables aujourd’hui : « On me reproche parfois mon optimisme. Ce n’est pas de l’optimisme mais de la confiance dans notre pays que j’aime et que je respecte, une confiance qui vient du plus profond de notre sang et qui se respire avec l’odeur de notre terre. » Et, pour terminer, invocation de la providence ! Autres mœurs dont Giscard avait pourtant accompagné avec zèle l’évolution.
François Mitterrand, le 31 décembre 1994, s’il n’évoqua ni la providence ni les vertus de foi et d’espérance, n’en prononça pas moins des mots qui donnèrent lieu à exégèse ! « L’an prochain, ce sera mon successeur qui vous exprimera ses vœux. Là où je serai, je l’écouterai le cœur plein de reconnaissance pour le peuple français… Je crois aux forces de l’esprit et je ne vous quitterai pas. »

Un an après, il entrait en agonie.

Le 31 décembre 2006, Jacques Chirac savait, lui aussi, que c’était ses derniers vœux. Avec lui, nous étions résolument entrés dans l’ère de la compassion et de la repentance industrielles : « Respect de la diversité et des différences, combat contre le racisme… » Un nouveau combat, érigé en cause nationale, est même évoqué : « N’écoutez pas les apprentis sorciers de l’extrémisme. » La fin de ses vœux résonne tout de même aujourd’hui bien curieusement : « Vous êtes le peuple souverain. »

Son successeur s’empressera de le contredire en tordant le cou au référendum de 2005…

Enfin, les vœux de Nicolas Sarkozy, le 31 décembre 2011. Sans évoquer explicitement sa candidature, deux phrases, dont la première n’est pas sans rappeler, dans sa tournure, celle de Mitterrand en 1994, laissent entendre qu’il sera candidat : « J’ai confiance dans les forces de la France. Je suis certain du chemin qu’il nous faut suivre. »

Bien, où en sont nos plumitifs de l’Élysée ? La maquilleuse ne va pas tarder et les huîtres n’attendent pas…