lundi 5 décembre 2016

L’Union européenne mute ; ne ratons pas le train de l’Histoire !

Renzi



Par Dominique Bilde, eurodéputée du Front National, le 05/12/2016

Tout comme David Cameron avant lui, Matteo Renzi n’a pas hésité à mettre son siège en danger. Pour cela, il mérite notre respect.

Contrairement à François Hollande et Nicolas Sarkozy, le Premier ministre italien a rendu la parole à son peuple. La défaite doit être dure à encaisser pour cet ambitieux, désavoué par près de 60 % des Italiens qui ont refusé sa réforme du Sénat. Au fond, la véritable question posée aux Italiens, dans la grande tradition plébiscitaire, était de savoir s’ils maintiendraient leur confiance à Matteo Renzi.

Prenant acte de son échec, le Premier ministre italien a immédiatement réagi, déclarant : « Mon expérience de chef de gouvernement s’arrête là. […] Le non a gagné de manière extraordinairement nette […] nous avons donné aux Italiens l’occasion de changer les choses à travers une proposition simple et claire. Nous n’y sommes pas parvenus. J’assume toute la responsabilité de la défaite.
 
J’ai perdu et je le dis à voix haute, même si c’est avec la gorge serrée. » Il montera au palais du Quirinal prochainement pour remettre sa démission au président de la République.

Ce « no » massif est d’abord un rejet de la social-démocratie européenne au pouvoir depuis des décennies. L’Italie paye encore durement les mesures d’austérité, sans parvenir à retrouver sa vigueur sur le plan économique. À la manière des États de la Rust Belt qui ont massivement plébiscité Donald Trump en novembre, le Mezzogiorno a refusé le plan de Matteo Renzi qui aurait entraîné la réforme constitutionnelle la plus importante depuis la fin de la monarchie, parfois dans des proportions dramatiques pour le Parti démocrate ; en témoigne le score de 70 % pour le « no » en Campanie.

Les élections municipales avaient déjà entamé la confiance de Matteo Renzi, dépossédant sa formation politique des villes de Rome et de Turin. Qui en profitera ? Notre allié de la Ligue du Nord, Matteo Salvini ? Giorgia Meloni de Fratelli d’Italia ? Renato Brunetta, le vieux loup de mer de Forza Italia ? Luigi Di Maio, vedette du Mouvement 5 étoiles ? Le jeu politique italien est d’une immense complexité, particulièrement difficile à suivre pour un étranger. Y compris pour nous, Français, qui sommes des Italiens de mauvaise humeur… Une chose est néanmoins certaine, et nous devons nous en réjouir : les Européens réprouvent de plus en plus les champions choisis par les institutions supranationales.

Le « no » étant d’abord une défaite de Jean-Claude Juncker et consorts !

Le non italien prouve que les peuples européens ne veulent plus du plan de sauvetage de l’euro et des banques, c’est-à-dire très précisément le programme que proposeront François Fillon, Emmanuel Macron et le candidat socialiste aux Français pour l’élection présidentielle à venir. De quoi se consoler de la défaite sur le fil de Norbert Hofer, notre allié du FPÖ. Demain, l’Autriche retrouvera à son tour des dirigeants qui protégeront son identité, ce n’est que partie remise.

La construction de l’Union européenne fut un processus lent et difficile, sa refonte ne le sera pas moins.