lundi 12 décembre 2016

Onze personnes interpellées dans l'enquête sur l'attentat de Nice

Police Commissariat

Dix hommes ont été arrêtés et placés en garde à vue lundi matin à Nice et un onzième à Nantes dans l'enquête sur l'attentat du 14 juillet. Ils sont soupçonnés d'avoir aidé Mohamed Lahouaiej Bouhlel à se procurer des armes.

«La direction centrale de la police judiciaire a procédé à dix interpellations dans plusieurs quartiers de Nice et une à Nantes entre 6h et 13h sur commission rogatoire du juge d'instruction parisien en charge de l'enquête antiterroriste», a indiqué lundi une source proche du dossier, confirmant une information de LCI. Dix hommes ont donc été placés en garde à vue à Nice et un onzième à Nantes dans l'enquête sur l'attentat du 14 juillet à Nice. Tous sont soupçonnés d'avoir aidé l'auteur de l'attaque, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, à se procurer des armes.

«Il s'agit de la filière logistique, de gens qui auraient pu aider à commettre l'attentat» a précisé la source. Les investigations portent notamment sur le «volet armes» du dossier. Parmi les personnes interpellées figurent notamment des Albanais, à l'instar du couple Artan Henaj et Enkeledja Zace, tous deux mis en examen et placés en détention provisoire, soupçonnés d'avoir participé à la fourniture du pistolet avec lequel l'auteur de l'attentat a tiré sur des policiers avant d'être tué. «Ce sont des gens qui étaient en relation avec ceux arrêtés en juillet dans le cadre de la fourniture des armes pour l'auteur de l'attentat, un pistolet et un fusil d'assaut. On essaye de tirer tous les fils de l'enquête. Le Nantais habitait Nice auparavant», a précisé la source proche du dossier.

«On essaie de remonter les réseaux et là, on est un cran au-dessus»

La garde à vue peut durer quatre jours, comme le prévoit la législation antiterroriste. Certains pourraient être présentés au juge d'instruction parisien pour association de malfaiteurs, infraction à la législation sur le port d'armes et éventuellement sur les stupéfiants. «Ils n'ont pas forcément eu connaissance de l'attentat, mais ils font partie du milieu délictuel de droit commun, notamment des filières d'approvisionnement en armes. On essaie de remonter les réseaux et là, on est un cran au-dessus», a indiqué la même source.

L'un de ces mis en examen, un Franco-Tunisien de 21 ans, vendeur de cocaïne et connu pour de petits larcins, a notamment reconnu avoir servi d'intermédiaire pour fournir le pistolet utilisé le soir de l'attentat par Mohamed Lahouaiej Bouhlel chez Artan Henaj et Enkeledja Zace moyennant 1400 euros. D'autres sont soupçonnés d'avoir pu influencer l'auteur de l'attentat ou de l'avoir accompagné lors de repérages sur la Promenade des Anglais au volant du camion qu'il utilisera le 14 juillet.

Christian Estrosi, premier adjoint au maire LR de Nice et président de la région Paca, a réagi à ces arrestations en saluant le travail des forces de l'ordre.

Vers 22h30, le soir du 14 juillet, alors que le feu d'artifice touchait à sa fin, un camion blanc conduit par Mohamed Lahouaiej Bouhlel a foncé à pleine vitesse dans la foule, qui rassemblait des milliers de personnes. L'homme a roulé sur près de deux kilomètres le long de la promenade des Anglais avant d'être abattu par les forces de l'ordre. L'attaque, revendiquée par le groupe État islamique, a fait 86 morts et plus de 300 blessés.

Par Martin Planques le 12/02/2016

Le Figaro