mercredi 21 décembre 2016

Une prime de 100'000 euros pour retrouver l'auteur

Amri Anis

La police allemande est à la recherche d'un Tunisien après la découverte d'une pièce d'identité sous le siège du chauffeur du camion qui a foncé dans la foule lundi soir à Berlin. L'homme est considéré comme «dangereux» et «appartenait à la scène islamiste-salafiste».

«Un avis de recherche a été émis à minuit pour l'Allemagne, mais aussi pour l'espace Schengen, c'est-à-dire en Europe», a indiqué le ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière. Il est accompagné d'une récompense de 100'000 euros offerte pour toute information pouvant conduire à l'arrestation du suspect, a annoncé le parquet fédéral.

L'homme a été identifié comme un Tunisien de 24 ans, selon le parquet fédéral. «Il s'agit d'un individu classé dangereux, que les services de sécurité connaissaient et qui appartenait à la scène islamiste-salafiste», avait précisé un peu plus tôt le député conservateur Stephan Mayer, spécialiste des questions de sécurité. Un responsable de la sécurité a par ailleurs indiqué que la brigade antiterroriste tunisienne a interrogé sa famille.

Demande d'asile rejetée

Le ministre de l'intérieur de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (ouest), Ralf Jäger, a révélé en parallèle que le suspect était un demandeur d'asile qui faisait déjà l'objet d'une enquête pour soupçon de préparation d'attentat avant l'attaque au camion-bélier. Le drame a fait douze morts lundi soir sur un marché de Noël de Berlin.

Arrivé en Allemagne en début d'année, l'homme a entretenu des contacts avec un réseau d'activistes islamistes de la région, où il a séjourné quelque temps, a dit M. Jäger. Selon les médias, il est lié à un réseau de recruteurs présumés du groupe Etat islamique (EI) et considéré comme particulièrement dangereux.

M. Jäger a également indiqué que la demande d'asile du Tunisien avait été rejetée en juin et que l'homme faisait l'objet d'une procédure d'expulsion vers son pays. Mais «la Tunisie a d'abord nié que l'homme était tunisien» et refusé de le reprendre, avant de reconnaître tout récemment sa nationalité.

Prudence

M. de Maizière a toutefois rappelé que «suspect ne veut pas dire qu'on est l'auteur» de l'attaque. Les autorités restent en effet prudentes, après le couac de mardi: la police a finalement mis hors de cause un Pakistanais présenté par le gouvernement comme le principal suspect de l'attentat.

Un autre suspect, interpellé tôt mercredi matin, a également été remis en liberté quelques heures plus tard, a rapporté le groupe de radio-télévision Rundfunk Berlin-Brandenburg (RBB).

Suspect blessé

D'autres médias estiment que le suspect pourrait être blessé après avoir percuté le marché de Noël avec son poids lourd, dont la cabine était très abîmée. Des traces de sang ont été retrouvées à l'intérieur. Du coup, la police a effectué des vérifications dans plusieurs hôpitaux de Berlin, selon ces médias.

Selon les médias, le chauffeur du camion, retrouvé mort dans la cabine, a probablement cherché à contrer l'action de l'auteur de l'attentat. Il aurait tenté en vain de s'emparer du volant de son poids lourd.

L'autopsie a montré que ce Polonais de 37 ans, abattu par balles dans la cabine, était vivant au moment où son véhicule a foncé sur le marché, selon Bild. Son corps présentait des traces de lutte et des coups de couteau.

Mesures de sécurité renforcées

Les mesures de sécurité ont été renforcées à Berlin. Et un débat s'est engagé dans le pays sur la nécessité de protéger les places publiques par des bornes en béton ou d'autoriser l'armée à patrouiller comme cela se fait dans d'autres pays.

«Nous voulons renforcer la présence policière et la protection des marchés de Noël. Il y aura des patrouilles supplémentaires. Les policiers auront des fusils mitrailleurs», a ainsi dit le président de la conférence des ministres régionaux de l'Intérieur, Klaus Bouillon.

L'Allemagne va également autoriser l'installation de caméras de vidéosurveillance dans les lieux publics suivant un projet de loi adopté en conseil des ministres mercredi.

Le 21/12/2016 avec ATS

La Tribune de Genève