mercredi 11 janvier 2017

17 policiers radicalisés ont été recensés à Paris entre 2012 et 2015

Poiciers 2

Le phénomène a de quoi faire pâlir.

La Direction de la sécurité de proximité de l'agglomération parisienne (DSPAP) a recensé dix-sept cas de radicalisation de policiers entre 2012 et 2015 et fait état d'une "accélération en 2014". L'information est révélée mercredi 11 janvier par deux journalistes dans leur ouvrage Où sont passés nos espions. Le profil type de ces agents embrigadés dans la mouvance terroriste ? Des "jeunes, entrés dans la police au milieu des années 2000 et issus d'un concours interne, nombre d'entre eux étant d'anciens adjoints de sécurité, les emplois jeunes de la police".

Les journalistes Éric Pelletier et Christophe Dubois évoquent le cas d'un jeune homme devenu gardien de la paix en 2012. Ses collègues le trouvent changé après un voyage effectué en 2013 à la Réunion. Ils racontent "son obsession d'écouter des chants religieux en patrouille". Le jeune homme profite même d'un arrêt pour acheter des burqas pour sa femme.

"Une saleté de torchon de la République"

Les femmes ne sont pas épargnées par le phénomène. Très déterminées, elles sont "impliquées dans un tiers des incidents, (...) n'hésitant pas à affronter leur hiérarchie", notamment au sujet du port de l'uniforme et des tenues vestimentaires, affirment les auteurs. Parmi elles, une femme agent de surveillance en poste dans le XIIe arrondissement de la capitale se présente en hijab devant le médecin-chef, refusant la visite médicale. Le mois d'après, elle s'emporte contre le port de l'uniforme, comparant son pantalon à "une saleté de torchon de la République". 

Sur les réseaux sociaux, elle appelle à la revanche des musulmans : "Lorsque Allah aura décrété la guerre, ils vont pas nous reconnaître ces lopettes de sionistes (...) Les attentats des tours jumelles à New York et chez Charlie Hebdo, c'est comme dans les films américains et français : c'est une question de budget". Elle se trouve en arrêt maladie depuis février 2015. Une autre femme confie sur Facebook sa "honte de porter du bleu". "Si j'étais à la place des terroristes, cela ferait bien longtemps que j'aurais fait péter l'Elysée et tous les enc**** qui y bossent", lâchait-elle avant d'être condamnée à dix mois de prison avec sursis en 2016 avec interdiction d'exercer pendant deux ans.

"Pour l'ensemble des ministères régaliens - Défense, Intérieur et Justice - nous dénombrons une centaine de cas de radicalisation", a expliqué une source chargée du suivi de ces questions aux journalistes Christophe Dubois et Éric Pelletier.

Par Félix Roudaut avec AFP le 11/01/2017

RTL