dimanche 15 janvier 2017

Alliot-Marie défie son parti pour la présidentielle

Alliot-Marie 2015

L'ex-secrétaire générale du RPR et ancienne ministre, qui a boudé la primaire de la droite, persiste dans son intention de se présenter à la présidentielle.

Le pari est osé: Michèle Alliot-Marie, 70 ans, s'est lancée en décembre dans sa première campagne présidentielle. L'ex-secrétaire générale du RPR, ancienne ministre (treize années au total, de l'Enseignement aux Affaires étrangères, en passant par la Défense, l'Intérieur et la Justice) a choisi de braver son parti qui s'est rangé derrière François Fillon.

L'idée taraude l'eurodéputée depuis de longs mois. En lançant son dernier parti baptisé Nouvelle France au printemps, elle avait fait part de ses intentions à ses amis. «Elle m'a expliqué qu'elle serait candidate à la présidentielle en 2017, qu'il fallait offrir une autre alternative aux Français que celle de choisir entre ceux qui ont échoué - Sarkozy, Juppé, Fillon, Hollande… - et ceux qui conduiront la France à la ruine, comme Le Pen ou Mélenchon, raconte un parlementaire. À l'époque je pensais qu'elle ferait une tentative à la primaire et s'arrêterait làMichèle Alliot-Marie ne s'est pas présentée à la primaire. «Elle y a renoncé faute de soutiens», jure un ancien membre du Chêne, son club de réflexion gaulliste. Beaucoup pensaient depuis ses velléités passées. Ils se trompaient.

La moitié des parrainages

La candidate serait «plus que jamais enthousiaste» à l'idée de ce nouveau combat, selon l'expression de son directeur de cabinet, Florimond Olive. «Tout se présente très bien, ajoute-t-il. Nous programmons beaucoup de déplacements, beaucoup de terrain et à la manière qui est la sienne», c'est-à-dire sans presse. La quête des parrainages est également lancée. «Ce ne sera absolument pas compliqué de les réunir», juge Florimond Olive en expliquant que la candidate «disposait de pas loin de la moitié des parrainages nécessaires avant l'annonce de sa candidature, tant l'emballement était grand». Même mystère sur le budget de campagne et les sommes déjà collectées. «Le budget est déjà établi, explique l'entourage. Nous ne ferons pas de campagne onéreuse avec des meetings de 15 000 personnes qui coûtent un million d'euros.»

Parmi les «membres fondateurs» de Nouvelle France, plusieurs élus ne sont pourtant pas convaincus de l'initiative de MAM. «J'ai demandé qu'elle retire mon nom de la liste mais ce n'est toujours pas fait», déplore l'un d'entre eux. «Je n'ai pas voulu me retirer de son club de réflexion mais cela ne veut absolument pas dire que je soutiens sa candidature, explique la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam. Je trouve l'idée très triste de sa part.» La parlementaire se fâche même à l'évocation de l'héritage gaulliste que Michèle Alliot-Marie entend défendre. «J'en ai assez de ces gens qui ressuscitent de Gaulle pour leur intérêt personnel», explique-t-elle en mettant dans le même panier MAM et Henri Guaino.

Rue de Vaugirard, au siège du parti, certains annoncent que Michèle Alliot-Marie retirera d'elle-même sa candidature si elle obtient l'investiture aux législatives dans les Hauts-de-Seine. Patrick Ollier, son compagnon, pourrait en effet passer la main pour conserver la présidence de Paris Métropole. Mais MAM a elle-même écarté cette idée la semaine dernière sur Europe 1 en la qualifiant de «minable et dérisoire».

Par Jean-Baptiste Garat le 15/01/2017

Le Figaro