jeudi 5 janvier 2017

Marine Le Pen veut «en finir» avec le RSI

Marine hélicoptère armée

La présidente du Front National a clôturé, jeudi, à Paris, une série de sept conventions thématiques en avançant plusieurs propositions de son projet économique à destination des entreprises.

Source de débats parfois vifs au sein du Front National, l'économie des entreprises était au centre de la dernière convention thématique organisée jeudi à Paris. Après avoir reçu les propositions des collectifs Audace et Croissance Bleu Marine, Marine Le Pen, candidate à la présidentielle, a souligné plusieurs engagements de son projet présidentiel qui sera dévoilé à Lyon, début février.

«Je veux être la championne de la réindustrialisation de la France et de l'innovation», a-t-elle notamment déclaré, en avançant plusieurs pistes et en insistant sur le «patriotisme économique» et le rétablissement des «souverainetés» du pays. Mise en place d'un guichet unique entre les entreprises et les administrations, incitation des banques à concéder des prêts de trésorerie, mise en place d'un contrôle «strict» des délais de paiements (lesquels seraient réduits avec des pénalités de retards automatiques), obligation pour les collectivités d'acheter en France... «Je souhaite que mon programme permette de dire: heureux comme un entrepreneur en France» a ajouté Marine Le Pen, qui souhaite aussi imposer aux collectivités d'acheter aux entreprises produisant en France (si les produits ne sont pas 25% plus chers que les produits étrangers).

Trump cité en exemple

Pour Marine Le Pen, si la France voulait créer massivement des emplois dans le secteur des énergies renouvelables en France, elle se heurterait à une série d'impasses telles que la baisse des salaires ou la suppression de cotisations sociales. «Mais est-ce que ce cauchemar vous paraît viable? Et socialement réaliste, digne? Mais évidemment que non, sauf peut-être à François Fillon ou à Emmanuel Macron» a-t-elle critiqué.

La candidate du FN a également proposé d'obliger les assureurs à «placer 2% de leurs 1600 milliards d'actifs» (32 milliards d'euros), en capital risque, de réduire l'impôt sur les sociétés quand les bénéfices sont réinvestis dans l'entreprise et de créer un «fonds d'investissement» pour les entreprises naissantes et innovantes.

Citant Colbert, Charles de Gaulle et Pompidou, elle a enfin plaidé, Trump en tête, pour une «philosophie politique et économique volontariste» qui, selon elle, a «su démontrer son efficacité et sa modernité» aux Etats-Unis et en Grande Bretagne. Elle s'en est aussi pris vivement au régime social des indépendants. «Il est temps d'en finir avec ce RSI qui conduit trop souvent au RSA» a déploré l'eurodéputée avant de promettre «qu'une fois au pouvoir», elle mettra en place un «bouclier social» pour les indépendants et organisera des «assises» sur leur protection sociale des pour «refondre complètement» le RSI.

Enfin, la candidate à la présidentielle s'est posée en garante de «meilleurs équilibres» entre le travail et le capital, l'économie réelle et la finance, les grands groupes et les PME. «Ma présidence sera celle de la justice en matière économique» a conclu Marine Le Pen, promettant de remettre la France et son économie «en ordre, en cinq ans».

Par Emmanuel Galiero le 05/01/2017

Le Figaro