samedi 21 janvier 2017

Marine Le Pen : «Nous sommes majoritaires en Europe»

Marine Coblence 21012017

La présidente du Front National se rend pour la première fois en Allemagne, samedi. En s'affichant avec son homologue du parti populiste AfD, la candidate veut poser les bases d'une Europe des souverainetés et d'une nouvelle vision du couple franco-allemand.

Le Figaro - Quel sens voulez-vous donner à votre discours de Coblence?

Marine Le Pen- Nous sommes dans un monde en train de changer à vitesse grand V. Aujourd'hui, nous ne sommes plus présentés comme un courant de pensée isolé. En réalité, nous sommes majoritaires en Europe. La seule isolée est Mme Merkel et tous ceux qui persistent à défendre sa politique. Le récentes déclarations de M. Trump en sont une révélation supplémentaire (le nouveau président américain a dénoncé la politique de la chancelière concernant l'accueil des migrants, ndlr).

Pourquoi croyez-vous à une recomposition politique européenne?

Nous sommes en train de vivre la grande histoire du retour des nations. Cela est éminemment enthousiasmant et tout à fait fondamental pour la survie de nos pays, tels que nous les connaissons.

Quel peut être l'impact réel de cet affichage européen sur votre campagne présidentielle?

Evidemment, cela va porter. Avec ce renversement des alliances, toute la question de la négociation avec l'Union européenne va se poser.

Vos alliances européennes ne sont-elles pas fragilisées par des visions divergentes sur certains sujets comme le Brexit ou la monnaie unique? Votre homologue du FPÖ autrichien brillera par son absence à Coblence....

Cela est une totale invention. Les seules individualités ayant émis des contestations à l'AfD ont rejoint un autre groupe à Berlin. Quant à Heinz-Christian Strache, le président du FPÖ (le parti d'extrême droite autrichien), avec lequel je me suis entretenue, il est absent à Coblence pour cause de déplacement à l'étranger mais son secrétaire général, Harald Vilimsky est bien là et il n'y a aucune remise en cause de quoi que ce soit.

Mais les divergences sur les solutions ne sont-elles pas réelles?

Chacun fait ce qu'il veut. Il faut comprendre que nous ne sommes pas en Union soviétique et que notre objectif n'est pas de mettre en place un système avec une souveraineté limitée. Nous sommes pleinement pour la souveraineté. Que nous puissions avoir des visions différentes sur les besoins de nos économies respectives, compte tenu de l'identité de nos pays, cela est totalement normal. Et nous avons pleinement intégré cette donnée dans nos relations. J'ajoute qu'il est parfaitement compréhensible que l'Autriche, située dans la zone mark, subisse moins que la France les conséquences de l'euro. Mais ce qui nous lie est l'idée que chacun doit être capable de pouvoir décider pour lui-même.

N'êtes-vous pas dans l'obligation de trouver des accords préalables, par exemple sur l'euro, pour faire émerger les solutions que vous proposez?

Pas du tout. Il n'y a pas d'accord à trouver. Soit l'Union européenne nous rend notre souveraineté, soit nous ferons voter la sortie de l'UE par le peuple. Cette ligne n'a pas bougé. Nous la défendons depuis cinq ans. Les Autrichiens admettent parfaitement que nous puissions déterminer ce qui est le mieux pour nous. Et nous de même.

L'une des images prévues à Coblence est votre présence à côté de Frauke Petry, présidente du parti AfD. Quel est le message que vous souhaitez véhiculer?

Les patriotes européens s'organisent pour restituer à leur pays, leur liberté. Cette grande alliance, qui était encore inenvisageable il y a quelques années, avance de belle façon. Nous venons de récupérer un député européen italien du Mouvement cinq étoiles (Marco Zanni a rejoint le groupe ENL le 11 janvier, ndlr). Et Frauke Petry a un bel avenir devant elle.

Par Emmanuel Galiero le 21/01/2017

Le Figaro