vendredi 13 janvier 2017

Mayotte existe-t-elle pour l’Europe ?

Mamoudzou Mayotte HDV


Par Joëlle Mélin, Conseillère politique de Marine Le Pen en matière de santé, député européen du Front National le 13/01/2016

L’article 135 du règlement du Parlement européen prévoit que, sur demande, un débat peut avoir lieu sur un cas urgent de violation des droits de l’homme, de la démocratie et de l’État de droit. Cette disposition voudrait que les sujets abordés concernent des atteintes visant, en premier lieu, les Européens. En réalité, il n’en est rien !

Pour preuve, le jeudi 15 décembre dernier, trois sujets ayant fait l’objet de résolutions du Parlement européen ont été abordés. Aucun d’entre eux ne concernait l’Europe et les Européens. Le premier était consacré aux charniers découverts en Iraq suite à des massacres orchestrés par l’État islamique ; le second abordait un conflit entre une minorité ethnique de Birmanie et la communauté bouddhiste ; et le troisième portait sur la destruction d’un centre de formation bouddhiste et l’incarcération d’un militant de la cause tibétaine.
Même si certains sujets méritent l’attention de l’institution européenne, il est dommageable que cette dernière préfère s’occuper avant tout de conflits, violations ou atteintes provenant de tous les pays du monde plutôt que de traiter les maux qui existent à l’intérieur de ses propres frontières.

Mayotte, 101e département français, fait partie de l’Europe. Alertée par la vague de violence et le problème des hôpitaux, je m’y suis rendue fin septembre 2016.

84 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, le taux de chômage est de 37 % et l’immigration illégale ne cesse d’augmenter, avec 40 % d’immigrés en situation irrégulière qui ont importé avec eux la radicalisation sous l’influence de l’Arabie saoudite.

Cette île est devenue une poubelle à ciel ouvert, les eaux sont polluées, le pillage des ressources agricoles est habituel, Mayotte est devenue le plus grand bidonville de France.
Officiellement, la population serait de 212.000 personnes mais, en raison des clandestins, la réalité est plus proche de 400.000.
L’île est la première maternité de France, avec 10.000 naissances en 2016, principalement des clandestins. Il y a 8.000 mineurs isolés – autant qu’en métropole. Les difficultés de scolarisation sont terribles car il naît une classe par jour à Mayotte et l’illettrisme dépasse les 50 %.

La violence explose car elle a « changé de visage ». La « prédation de subsistance » s’exerce avec une particulière cruauté de la part des jeunes en situation irrégulière. Tout cela nuit considérablement à l’activité économique qui est au bord de l’effondrement. De nombreux entrepreneurs installés depuis longtemps veulent quitter l’île.

Face à la conjonction de l’intégralité des ingrédients menant à une explosion sociale et sanitaire, l’État français est incapable et l’Europe préfère détourner le regard.

Est-ce parce que Mayotte préfigure le destin de l’Europe tout entière ?