vendredi 27 janvier 2017

Pays-Bas : vers la fin du vivre ensemble ?

Pays-Bas drapeaux


Par François Falcon * le 26/01/2017

Le 15 mars prochain auront lieu, aux Pays-Bas, des élections législatives. Le parti populiste de Geert Wilders, jusque-là seul adversaire du multiculturalisme, marque un peu le pas dans les sondages, mais ce tassement profite principalement au parti libéral de l’actuel Premier ministre Mark Rutte, tandis que le parti de gauche est relégué en troisième position. Pour tenter de conserver son poste, Mark Rutte se voit obligé de cogner à bras raccourcis sur le vivre ensemble.

Notre respectable libéral vient, en effet, d’accorder une tonitruante interview à l’un des principaux quotidiens du pays, l’Algemeen Dagblad.

Évoquant le cas d’un travailleur immigré qui a porté plainte parce qu’il n’avait pas été recruté dans une société de transport au motif qu’il refusait de serrer la main des femmes, Mark Rutte se déclare irrité par « la manière dont nous nous comportons les uns avec les autres » : on ne pouvait mieux définir « le vivre ensemble » ; irrité également par les « personnes arrivant ici qui tentent d’abuser des libertés en vigueur pour nous imposer leurs valeurs culturelles » alors que « la culture, ici, c’est de serrer la main aux gens ».
Voilà pour le multiculturalisme !

À l’adresse de ceux qui n’auraient pas bien compris le message, le chef de gouvernement précise : « Si vous ne vous plaisez pas ici : partez ! » On peine à imaginer notre Président ou son Premier ministre Bernard Cazeneuve tenant de tels propos.

Même si l’on considère qu’il s’agit là d’une rodomontade destinée à couper l’herbe sous le pied du PVV de Geert Wilders, l’allié néerlandais de Marine Le Pen, la tonalité du discours marque une vraie rupture dans l’idéologie politique des Pays-Bas, État qui s’est érigé en « pays de la tolérance » comme les États-Unis se sont autoproclamés « pays de la liberté » ou la France « pays des droits de l’homme ». Aucun État européen n’était allé aussi loin dans le culte du métissage et de l’effacement de soi, et c’est ici plus qu’ailleurs que l’on crut pouvoir faire cohabiter les transgressions anthropologiques de l’Occident athéeféminisme antiféminin et homosexualisme ostentatoire en tête – avec le machisme et le dogmatisme de l’islam.

En dehors du catholicisme, tout devait y être toléré !

Et voilà que le leader du parti libéral, vecteur principal de l’idéologie en question, se met à reprendre des formules qui faisaient hurler les bien-pensants lorsqu’elles étaient prononcées par Wilders, lequel Wilders, sans doute inspiré par la campagne de Donald Trump, a lui-même franchi un nouveau cap dans le rejet du multiculturalisme en réclamant tout bonnement l’interdiction du Coran aux Pays-Bas.

Le mouvement dextrogyre est net et, pour l’idéologie du vivre ensemble, le glas semble avoir sonné. Reste à savoir comment nos apprentis sorciers vont pouvoir corriger 50 ans de politiques insensées et comment, dans les faits, les Néerlandais de souche aux valeurs largement frelatées — ces fameuses « idées chrétiennes devenues folles » dénoncées jadis par Chesterton — vont désormais cohabiter avec les Néerlandais d’origine marocaine tentés par le salafisme, cette idée musulmane redevenue folle.

Pour nous Français, il y aura là matière à réflexion.
 
* L'auteur ou les auteurs du présent article ne sont en rien membres du FN, du RBM ou d'un mouvement de cette famille politique -à la connaissance du BYR- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.