lundi 2 janvier 2017

Saint-Sylvestre : le ministère de l'Intérieur accusé d'avoir minimisé le nombre de voitures brûlées

Voitures brulées

D'abord absent de la communication du ministère de l'Intérieur, le nombre de voitures brûlées en France dans la nuit du 31 décembre a fortement augmenté, passant de 804 l'an dernier à 945 (+17,5%).

Combien de véhicules ont-ils brûlé lors de la nuit de la Saint-Sylvestre ?

«Cette année encore, le bilan des véhicules brûlés démontre qu’aussi intolérable soit-il, le phénomène est contenu par rapport à 2016, avec 650 mises à feu directes, là où elles étaient 602 l’an passé», affirmait Bruno Le Roux, le ministère de l’Intérieur, dans un communiqué publié dimanche.

«Sur les cinq dernières années, le nombre de véhicules brûlés a diminué de 20 %», ajoutait-il, sans avancer de nombre exact pour 2017. Un tel «oubli» dans la communication du nouveau ministre avait quelque chose de suspect... Dans un article publié en ligne dimanche, le journal Le Monde accusait le ministre de «minimiser» une hausse importante du phénomène en 2017. En appliquant une baisse de 20% au chiffre de 2013, le journal était parvenu à un bilan de «954» véhicules brûlés pour la Saint-Sylvestre 2017. Un chiffre, en hausse, proche de celui finalement livré lundi matin par la place Beauvau.

Joint par Le Parisien, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet, parle en effet de «945 voitures brûlées ou endommagées», soit une hausse de 17,5% par rapport à l’année dernière. Lundi matin, le Front National n'a pas manqué d'égratigner le nouveau ministre, en lui reprochant d'avoir dressé «un bilan sécuritaire extrêmement flou» de la nuit de la Saint-Sylvestre. Pour qualifier le problème des voitures brûlées de «phénomène contenu», Bruno Le Roux n'avait dévoilé dimanche que les chiffres des «mises à feu directes», en hausse de 8%. Des données qui donnent une image très incomplète du nombre total de véhicules incendiés.

Car lorsqu’une voiture prend feu, il est très fréquent que l'incendie se propage aux véhicules situés à proximité. Le porte-parole Pierre-Henry Brandet explique que le ministère de l’Intérieur a communiqué sur le «critère le plus pertinent, le plus cohérent» : celui des mises à feu de véhicules, correspondant à un acte délictuel. «Ce chiffre permet la comparaison la plus pertinente », estime-t-il.

«Bien entendu, les phénomènes d’incendie par propagation, qui ont des conséquences importantes pour les victimes, sont intolérables. Mais souvent les dégâts sont moindres», ajoute-t-il. Une transparence sur les chiffres décidée en 2013 La décision de communiquer les chiffres de l'ensemble des véhicules brûlés remonte pourtant à 2013. Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, avait alors choisi de rompre avec le silence de ses prédécesseurs, Claude Guéant et Brice Hortefeux, qui souhaitaient ne pas alimenter des «concours» de voitures incendiées entre quartiers ou localités. Successeur de Manuel Valls, Bernard Cazneuve avait maintenu cet effort de transparence, d'autant plus aisé que les bilans du 1er janvier indiquaient une baisse du nombre de véhicules calcinés.

Bruno Le Roux, propulsé ministre de l'Intérieur après la nomination de Bernard Cazneuve à Matignon, a tenté maladroitement de masquer la première hausse enregistrée depuis 2013... créant au passage un début d'incendie dans l'arène politique.

Le 02/01/2017

Le Parisien