samedi 28 janvier 2017

Trump gèle l'entrée aux Etats-Unis des ressortissants de sept pays musulmans

Trump bureau oval

Et un nouveau décret controversé.

Le président des États-Unis Donald Trump a suspendu, ce vendredi par décret, le programme américain d'admission de réfugiés, l'un des plus ambitieux dans le monde pour l'accueil de victimes de conflits. Créé par une loi du Congrès en 1980, le programme fédéral de réinstallation de réfugiés a permis d'accueillir quelque 2,5 millions de personnes, selon l'institut de recherches Pew.

Une semaine après son entrée à la Maison Blanche, le nouveau président a signé un décret intitulé "Protéger la nation contre l'entrée de terroristes étrangers aux États-Unis". Un texte qui prévoit l'arrêt complet pendant quatre mois de ce programme, ainsi que le gel pendant trois mois de l'entrée de ressortissants de sept pays musulmans: Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen. Quant aux réfugiés syriens, qui ont fui par millions le conflit dans leur pays, et dont 18.000 ont été acceptés aux États-Unis depuis 2011, ils sont, eux, définitivement interdits d'entrer.

Plusieurs associations ont déposé une plainte samedi

En réponse à ce décret, plusieurs associations américaines de défense des droits civiques ont attaqué samedi en justice Donald Trump et le ministère de la Sécurité intérieure. Elles exigent notamment la libération de deux citoyens irakiens interpellés vendredi soir à l'aéroport JF Kennedy sur la base du décret qui venait à peine d'être promulguéL'un d'eux a travaillé pour des entreprises américaines et pour le consulat des Etats-Unis à Erbil, notamment comme interprète. L'autre devait rejoindre sa femme et son enfant arrivés légalement aux Etats-Unis avec le statut de réfugiés, après que leur famille eut été "associée à l'armée américaine" en Irak

Les États-Unis sont de très importants contributeurs à l'aide humanitaire internationale. En 2015, les autorités américaines ont réinstallé sur leur sol 64% de l'ensemble des réfugiés dont les dossiers sont recommandés par le Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) à chaque gouvernement. Pour l'année budgétaire 2016 (du 1er octobre 2015 au 30 septembre 2016), les États-Unis, gouvernés par Barack Obama, avaient admis précisément sur leur territoire 84.994 réfugiés, toutes nationalités confondues, dont un peu plus de 10.000 Syriens.

"Pas plus de 50.000" réfugiés

Pour l'année budgétaire 2017 (du 1er octobre 2016 au 30 septembre 2017), le président Trump, élu sur des slogans de campagne nationalistes, isolationnistes et de lutte contre le "terrorisme islamique radical", veut dorénavant diviser par deux le nombre de réfugiés accueillis chaque année.

L'administration Obama, qui avait reconnu en septembre 2015 qu'elle pouvait faire davantage, s'était donnée pour objectif d'en accepter 110.000 en 2017. L'administration Trump vise dorénavant " pas plus de 50.000 réfugiés, toutes nationalités confondues.

2.089 réfugiés depuis l'investiture de Donald Trump

Les États-Unis, dont toute l'histoire s'est construite grâce aux vagues migratoires, ont cependant continué d'accueillir des réfugiés depuis l'investiture de Donald Trump: 2.089 ont été réinstallés dans le pays, alors même que la Maison Blanche préparait son décret.

L'administration américaine précédente se targuait d'avoir un des systèmes de tri et d'admission de réfugiés parmi les plus rigoureux de la planète, afin de faire en sorte qu'aucun "terroriste" ne passe entre les mailles du filet. Par exemple, des agents du département de la Sécurité intérieure se rendent régulièrement au Moyen-Orient pour interviewer les candidats à l'exil vers les États-Unis. Le département d'État exerce aussi un contrôle serré.

Le processus d'accueil d'un réfugié pouvait prendre de dix-huit à vingt-quatre mois, s'attirant les critiques d'organisations humanitaires pour sa lenteur. Le programme avait déjà été gelé pendant trois mois, mais dans un contexte dramatique: juste après les attentats du 11 septembre 2001.

Le 28/01/2017


Note BYR : Un président qui respecte ses promesses de campagne, sûr que ça laisse les bobos babas !