mercredi 1 février 2017

2017 : l’année où le politique reprend le pas sur l’économie

Analyses financières

Tribune de Eric Ducellier du 01/02/2017

L’année 2016 a été marquée par une succession d’évènements qui, à plusieurs égards, peuvent être considérés comme historiques car ils s’inscrivent dans une tendance au sein du monde occidental, récente mais profonde et certainement durable, de retour du politique face à l’économique. Brexit en Grande Bretagne, élection de Donald Trump aux Etats Unis, référendum en Italie, élections en Autriche. Enrico Letta, ancien président du Conseil italien, a même estimé que la victoire de Donald Trump est l’événement « le plus important depuis la chute du mur de Berlin » !

Ces victoires électorales n’ont été anticipées ni par les sondeurs, ni par les médias et, encore moins, par les politiciens en place, victimes depuis tant d’années de leurs erreurs de diagnostic de la situation de leurs pays et des attentes profondes des électeurs. De Hollande à Sarkozy, en passant par Fillon, tous ont affiché leur préférence pour Hillary Clinton et prédit sa victoire sur Donald Trump. Cette classe politique, qui ne cesse de se tromper, dans son analyse du passé et dans sa prise de décisions pour le présent, s’est disqualifiée à nouveau par son manque de discernement quant à l’avenir.

Les effets néfastes d’une mondialisation incontrôlée, l’accroissement des inégalités, l’appauvrissement des classes moyennes ne suffisent pas à expliquer le résultat de ces élections. Notamment au regard de la situation économique des pays concernés. Ces évènements sont surtout l’expression démocratique d’un malaise plus global, reflétant une angoisse de civilisation, une prise de conscience de la nécessaire reprise en mains par les Nations de leur destin. Cela veut-dire remettre le politique au cœur des débats, même sur des sujets de nature économique.

Bien souvent, les difficultés économiques rencontrées dans la plupart des pays, notamment en Europe, sont la conséquence de choix politiques erronés dans tous les domaines (monétaire, ouverture inconsidérée des frontières aux biens et aux personnes, sécurité, éducation, santé, immigration) qui, in fine, ont des répercussions économiques défavorables.

En Europe comme ailleurs, les électeurs souhaitent un retour du politique face à l’économique qui s’est progressivement emparé du pouvoir depuis les années 1970. Imposant sans limite un libre-échange exacerbé et une financiarisation de l’économie, cette idéologie n’a contribué ni à la croissance, ni au maintien des emplois nationaux et du pouvoir d’achat, mais a eu comme corollaire une immigration massive.

Dans un environnement de plus en plus concurrentiel, personne ne peut contester, notamment en France, la nécessité d’engager des réformes pour remettre en ordre de marche l’économie, simplifier la vie des entreprises, faciliter l’accès des TPE et PME aux financements, encourager l’innovation et la production française… Pourtant, aucune solution efficace pour notre pays ne pourra être mise en place par des hommes politiques réduits à de super-gestionnaires, aux ordres de l’Union Européenne.

L’Etat stratège que propose Marine Le Pen consiste justement à remettre « l’église au milieu du village », c’est-à-dire redonner son rôle à l’Etat-Nation que l’Europe s’évertue à faire disparaître. Ce n’est pas parce que l’Etat a été démissionnaire depuis des années dans tous les domaines, même dans ses pouvoirs régaliens, qu’un pays peut s’en passer. Sans adhérer à un programme étatiste, dans une économie de libre-échange, la loi du marché ne peut être la seule référence pour régir l’ensemble des questions d’une Nation et en garantir les grands équilibres.

Tel est l’un des enjeux majeurs de la prochaine élection présidentielle qui sera l’occasion de donner à la France un(e) chef d’Etat ayant une vision claire de l’avenir de la Nation réconciliée avec elle-même !

Collectif Audace