vendredi 24 février 2017

À quand le Macrongate ? En tout cas, pas grâce aux Décodeurs du Monde

Décodeur Le Monde


Par Floris de Bonneville * le 24/02/2017

Oui, quand la presse va-t-elle aussi se déchaîner pour révéler qui est vraiment Emmanuel Macron, sa coqueluche. Après le Penelopegate, quand la presse et nos commentateurs si dévoués à la vérité toute crue vont-ils enfin nous offrir l’indispensable Macrongate. Il ne va pas falloir, en tous cas, compter sur les Décodeurs du Monde, ce site qui se veut être l’empêcheur de trouver la vérité sur les médias libres.

Adrien Sénécat, l’un de ces décodeurs que la facilité d’écriture pourrait décoder en déconneur, vient donc d’éplucher les sites dits sociaux qui ont osé s’interroger sur la déclaration de patrimoine qu’Emmanuel Macron avait faite lorsqu’il était entré au gouvernement.

Le « décodage » réalisé par Le Monde se veut irréprochable. Il est présenté comme le résultat d’une enquête approfondie et chiffrée auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Le candidat Macron, lui, a préféré ne pas répondre aux interrogations de M. Sénécat, qui a donc conclu… que personne ne peut en tirer de conclusion en l’état, donc qu’attaquer Macron sur ce sujet n’était pas d’actualité. On laisse tomber et on promet aux abonnés du Monde de revenir sur le sujet lorsque M. Macron répondra. On ne peut s’empêcher de comparer avec le cas Fillon sur lequel Le Monde s’est acharné, s’empressant d’éplucher à la virgule et au centime près son état financier.

Curieusement, l’enquête des Décodeurs est sortie au lendemain d’une lettre adressée à la même Haute Autorité par trois personnalités indépendantes qui s’étonnent du peu de clarté du candidat Macron.

Cette lettre s’interroge sur la sincérité du patrimoine déclaré et détaille, au centime près, les revenus de M. Macron, de 2010 à 2013, pour un montant de 3.010.996 € alors qu’il n’avait déclaré, en 2014, lorsque M. Hollande eut la bonté de le nommer ministre, qu’une fortune somme toute modeste de 156.160,43 €. Question est posée à la HATVP de savoir où ont bien pu passer les près de trois millions d’euros si durement gagnés en salaires, « bénéfices industriels et commerciaux » et revenus de capitaux immobiliers.

MM. Mumbach, Allenbach et Grass concluent qu’il leur « serait agréable de savoir si leurs interrogations sont ou non fondées » « sachant qu’omettre de déclarer une partie substantielle de son patrimoine ou en fournir une évaluation mensongère est un délit pénal ». Ce à quoi le Décodeur trouve une réponse toute faite : le travail de la Haute Autorité (dont on se demande à quoi elle sert, si cette information est exacte) n’est pas celui de l’administration fiscale, « la manière dont un responsable politique dépense son argent n’est pas de son ressort, ni celui de connaître le montant des impôts acquittés », aurait répondu à M. Sénécat la HATVP.

Alors notre cher Emmanuel est-il en train de mentir aux Français par omission, lui qui, la main sur le cœur, nous parle de probité, d’honnêteté ? Lui qui refuse de nommer ses soutiens financiers. Lui qui aime tellement ses admirateurs qu’il appelle « mes amis ». Lui dont Jacques Attali, dont il est pourtant le fils spirituel, a dit de lui, en juin dernier, qu’il incarne le vide ? Un vide qui essaye de se construire au fur et à mesure de ses discours en nous présentant un projet sans projet et sans chiffres.

Le Macrongate pourrait être décliné sur bien d’autres faits qu’on aimerait voir révélés par les médias, mais je crains que nous ne pouvions compter que sur les seuls réseaux sociaux. Par exemple, votre Boulevard Voltaire que Richard Ferrand a bien volontiers reconnu comme étant un blog d’extrême droite, selon l’accusation de Geoffroy Clavel du Huffington Post faite sur le plateau du « Lab » d’Europe 1.