mercredi 15 février 2017

Affaire Théo: Des artistes dénoncent les violences policières dans une tribune

Libération Une

Pas de tutoiement, meilleure formation des jeunes policiers, retour de la police de proximité : des dizaines d’artistes énoncent des pistes pour mettre fin aux violences policières dans une tribune publiée dans Libération à paraître mercredi après le viol présumé du jeune Theo lors de son interpellation.

Rédigée par un ex-adjoint au maire de Brétigny-sur-Orge (Essonne), Steevy Gustave, cette tribune est notamment signée par les chanteurs Patrick Bruel, Hugues Auffray, les comédiens Josiane Balasko, Jean Benguigui et Mathilda May, le réalisateur Nils Tavernier, le directeur du festival d’Avignon Olivier Py ou encore l’humoriste Anne Roumanoff.

Qualifiant de « brebis galeuses » et d'« agents du désordre » les quatre policiers mis en examen, dont un pour viol, après l’interpellation de Théo le 2 février à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), ils considèrent que « ces monstres ne peuvent être associés aux forces de l’ordre qui nous protègent et sauvent des vies au péril des leurs ».

« Qui était au chevet de nos banlieues malades ? »

Mais « est-ce une bavure, un fait divers de plus qui sera, lui aussi, classé sans suite ? », demandent-ils. « Dans ce pays des droits de l’Homme, y a-t-il une justice pour les hommes à la peau sombre et une pour ceux qui portent l’uniforme ? Ne devrait-elle pas être d’autant plus intraitable envers ceux qui les premiers devraient être intraitables ».

S’ils savent gré à François Hollande de s’être rendu au chevet de Théo, ils se demandent « qui était au chevet de nos banlieues malades depuis de si nombreuses années ? »

Ils proposent plusieurs pistes pour endiguer ces violences policières « avant qu’il ne soit trop tard ». Notamment que « le vouvoiement soit systématiquement employé lors des contrôles », que le récépissé donné à la personne contrôlée par les policiers soit instauré « avant la fin du quinquennat » - une promesse non tenue du candidat Hollande - ou encore que les caméras-piétons soient utilisées par les policiers - une utilisation systématique promise ces derniers jours par le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux.

Une autre tribune réclame justice dans l’affaire Adama Traoré

« Nous demandons aussi de meilleures formations pour nos jeunes policiers et le retour de la police de proximité » ainsi qu’une « vigilance accrue lors des recrutements », ajoutent-ils encore.
Dans une autre tribune également publiée dans Libération, de nombreux autres artistes, parmi lesquels les chanteurs Zebda et Arthur H ou l’acteur Omar Sy, réclament justice dans l’affaire Adama Traoré, un jeune homme mort au cours de son interpellation par des gendarmes en juillet.

Ils considèrent que la « mort suspecte » du jeune homme, sur laquelle l’enquête se poursuit « n’engage pas seulement ses proches mais l’ensemble de notre pays, de notre société ».

Le 15/02/2017 avec AFP


Note BYR : toujours la même chanson, toujours les mêmes interprètes !