mardi 7 février 2017

Aulnay-sous-Bois : les policiers ont tiré à balles réelles


Police Aulnay

La nuit a une nouvelle fois été agitée à Aulnay-sous-Bois. Dans la journée du lundi 6 février, une marche en soutien à Théo, victime présumée d'une interpellation musclée et d'un viol par quatre policiers, avait réuni plusieurs centaines de personnes. Des heurts ont éclaté dans la soirée, pour la troisième nuit consécutive, entre certains habitants de la Cité des 3.000 et les forces de l'ordre. Ces derniers auraient utilisé leurs armes et tiré à balles réelles pour les disperser.

D'après des témoignages recueillis par BuzzFeed News, notamment celui d'un journaliste indépendant, "des policiers avaient leurs étuis à pistolet ouverts. Environ huit personnes affirment que la police a tiré des balles réelles. Des tirs de sommation, mais aussi dans leur direction. Ils ont recueilli les douilles et doivent les apporter à la mairie d’Aulnay". Une version confirmée par la préfecture : "Des policiers encerclés et acculés, sans aucun autre moyen mis à la disposition, ont fait usage de leur arme. Ils ont tiré en l’air, il n’y a pas eu de blessé". La préfecture dément que des policiers ont tiré en direction des individus qui leur faisaient face.

La situation la nuit dernière a dégénéré selon Loïc Lecouplier, secrétaire national adjoint du syndicat Alliance, qui évoque le nombre de 200 personnes qui auraient affronté les forces de l'ordre. "Le quartier s’est littéralement embrasé. Certains collègues ont dû prendre leur pistolet automatique pour tirer en l’air devant la violence des attaques", a-t-il précisé sur franceinfo.

La tension est palpable à Aulnay-sous-Bois depuis jeudi 2 février et l'arrestation musclée de Théo, jeune homme de 22 ans, qui dénonce un viol avec une matraque par l'un des policiers qui a procédé à son interpellation. Le représentant des forces de l'ordre a été mis en examen, comme trois de ses collègues. Dans le dossier de la défenseconsulté par RTL, le policier insiste quant à lui sur le comportement violent de la victime, qui lui aurait asséné un coup de poing au visage.

Par François Quivoron le 07/02/2017


Note BYR : Et pendant ce temps...