mercredi 22 février 2017

En visite dans une prison, Marine Le Pen promet la création de 40.000 places

Prison de Chauconin-Neufmontiers

Marine Le Pen était la première personnalité politique ayant répondu positivement, mercredi matin, à l'invitation de David Duruelle, agent principal au sein de la prison de Chauconin-Neufmontiers, non loin de Meaux (77). La candidate à la présidentielle y a été accueillie par le secrétaire local du syndicat FO ainsi que par le directeur de l'établissement et de son équipe pour une visite des installations durant près de deux heures. Dans cette structure pénitentiaire abritant maison d'arrêt et centre de détention, la présidente du Front National a exposé son plan prison prévoyant notamment la création de 40.000 places en cinq ans pour un coût global évalué à 2,3 milliards. «Un projet absolument nécessaire pour la sécurité» a-t-elle insisté lors d'une conférence de presse en sortant, en présence du syndicaliste.

Symbole d'une surpopulation carcérale à laquelle Marine Le Pen promet de s'attaquer si elle était élue, cette prison, inaugurée en 2005, abrite 940 détenus dont 25% d'étrangers pour un établissement prévu pour 637 comme l'a expliqué le directeur, M. Bruneau, lors d'une présentation introductive des lieux. Lors de ce premier échange avec l'eurodéputée frontiste, le responsable a précisé que 69 matelas au sol étaient actuellement utilisés pour faire face au manque de places. Marine Le Pen a estimé, au passage que la «surdélinquance» en Ile-de-France était l'une des sources du problème. Venue accompagnée de son vice-président Florian Philippot, elle a pu visiter plusieurs espaces et poser de nombreuses questions aux différents professionnels de la détention qu'elle a croisés. Par exemple, elle a voulu savoir s'il existait une augmentation de la violence chez les détenus, quelle était la proportion du fondamentalisme islamiste. On lui a répondu que la promiscuité avait rendu le travail plus difficile et que 13 détenus étaient actuellement suivis pour radicalisme, et 16 «susceptibles d'être radicalisés. Il y a certainement de la conversion qui se fait de grès ou de force mais beaucoup arrivent déjà radicalisés».

Visiteurs copieusement insultés

Cellules, unités arrivants et personnes vulnérables, appartements familles, ... la délégation du Front National a pu visiter différents lieux mais en passant d'un bâtiment à l'autre, ils ont été copieusement insultés par de nombreux détenus. «Quand M. Urvoas avait visité la prison il y a deux ans et demi, il n'avait pas suscité autant d'émoi», a noté un agent pénitentiaire. Selon David Duruelle, insultes et menaces sont le lot «quotidien» des 230 surveillants qui se sentent de moins en moins en sécurité, notamment vis-à-vis de leurs proches. «Il faut avoir une sacrée dose de zénitude pour faire votre boulot», a jugé Marine Le Pen. «Cela vaut beaucoup, beaucoup plus que 1300 euros par mois» a ajouté Florian Philippot.

Pour la candidate à la présidentielle, la visite du centre pénitentiaire de Chauconin-Neufmontiers, était surtout l'occasion de défendre une série de mesures dévoilées à Lyon, début février. Parmi ses 144 engagements présidentiels, la candidate avait rassemblé sept mesures sous un chapitre intitulé «Une réponse pénale ferme et rapide». Au-delà des 40.000 places de prison supplémentaires, elle préconise le rattachement de l'administration pénitentiaire au ministère de l'Intérieur.

«Tolérance zéro»

Son projet comprend également l'application de la «tolérance zéro», la «fin du laxisme judiciaire» avec l'abrogation de certaines lois pénales jugées «laxistes» comme la loi Taubira, le rétablissement des peines planchers et la suppression des remises de peine automatiques. Marine Le Pen prône également la suppression du versement des aides sociales aux parents de mineurs récidivistes, l'instauration de la «perpétuité réelle incompressible» pour les crimes les plus graves et «l'expulsion automatique» des criminels et délinquants étrangers pour qu'ils purgent leur peine dans leur pays d'origine via des «accords bilatéraux». Enfin, la candidate s'engage à renforcer le renseignement pénitentiaire et à augmenter le nombre de postes de magistrats (tout en supprimant l'école nationale de la magistrature).

Marine Le Pen devait terminer cette journée par le journal télévisé de 20h, mercredi soir sur TF1.

Par Emmanuel Galiero le 22/02/2017

Le Figaro