jeudi 2 février 2017

La chute

fillon la chute-une Présent

Jacques Bompard, Aymeric Chauprade, Patrick Buisson et Paul-Marie Coûteaux doivent l’avoir mauvaise. A peine ont-ils changé de cheval que celui-ci chute lourdement à la rivière des tribunes. Un sondage Elabe pour Les Echos confirme ce que tout le monde constate sur le terrain : Fillon serait désormais éliminé dès le premier tour de la présidentielle, perdant cinq points et tombant à 19 %, largement devancé par Marine Le Pen en tête qui creuse l’écart (27 %) et par Emmanuel Macron (23 %). Et cela, c’est seulement dans le cas où il pourrait se présenter.

Hypothèse de plus en plus improbable.

Chaque jour apporte son lot de détails accablants comme cette interview de mai 2007 de Pénélope Fillon retrouvée par « Envoyé Spécial » et diffusée jeudi soir, dans laquelle elle affirme au Sunday Telegraph : « Je n’ai jamais été l’assistante de mon mari ou quoi que ce soit de ce genre-là. » Avant d’ajouter : « Je ne me suis pas occupée de sa communication non plus. » A l’époque, elle est censée avoir été son assistante parlementaire, puis celle de Marc Joulaud, depuis une dizaine d’années et avoir déjà touché des centaines de milliers d’euros pour ce travail. Elle ajoute, détail crispant, qu’elle passe de longs moments chaque jour à étudier Shakespeare.

François Fillon doit aussi désormais faire face à des accusations concernant sa société de conseil et de conférences 2 F Conseil. Créée le 7 juin 2012 par l’ancien premier ministre – soit treize jours avant qu’il ne redevienne député et ne soit alors dans l’interdiction de démarrer une activité de consultant une fois élu à l’Assemblée nationale – cette société lui aurait permis de toucher 757 000 euros de salaire net depuis cette date. L’opacité de ses clients et son rôle dans le groupe Ricol Lasteyrie, qui conseille de nombreuses sociétés du CAC 40, sont pointés du doigt par certains élus.

Qui aurait cru que ce Fillon, avec sa veste de chasse matelassée, sa raie sur le côté et son sex-appeal de notaire, candidat des catholiques et de la Manif pour tous, était si intéressé par l’argent ? Et qu’il avait autant profité des largesses de la République ?

Du côté des députés LR, plus personne n’y croit et il se chuchote des plans B comme Baroin ou comme Bertrand, pour lesquels il apparaît que le successeur partira avec un tel handicap que c’est perdu d’avance. Sarkozy et Juppé n’ont peut-être pas dit leur dernier mot. Ils peuvent très bien arguer de la France à sauver pour revenir par un trou de souris.
Nous ne versons pas une larme sur Fillon (comme le disait notre vieux camarade Roger Holeindre, quand on veut monter au cocotier il faut avoir le caleçon propre et plus qu’un autre, Fillon a fait valoir son intégrité morale face à ses concurrents) ni sur aucun des représentants frelatés et corrompus de cet UMPS qui a mis notre pays à genoux et qui va droit à sa mort politique.

Par Caroline Parmentier le 02/02/2017
 
Présent via Novopress