mardi 7 février 2017

La « propagande » du FN : une analyse tendancieuse de Valérie Igounet

Ombre MLP


Par Christine Célérier * le 07/02/2017

D’après Wikipédia, Valérie Igounet est une « historienne française spécialiste du négationnisme et de l’extrême droite en France ». L’Obs vient de publier l’entretien qu’elle lui a accordé à l’occasion de la parution d’un ouvrage consacré aux slogans du FN.

Bien entendu, le journaliste et l’historienne s’entendent comme larrons en foire pour dénoncer la prétendue nocivité du Front National. L’un évoque ainsi l’« extraordinaire viralité » des slogans du FN. Le Larousse a beau définir la viralité comme la « diffusion rapide et imprévisible de contenus divers (photos, vidéos, etc.) sur Internet », ce mot évoque irrésistiblement la propagation d’un virus. La seconde emploie explicitement la métaphore de la maladie, puisqu’elle parle d’un « phénomène de contamination ».

Cette « contamination » serait due aux slogans, affiches et tracts, qui « ont indéniablement contribué à ce que les idées frontistes infusent dans la société, dans le débat public et dans certaines grandes formations politiques ».

Or, ces « éléments de communication », comme Mme Igounet les appelle elle-même, sont utilisés par toutes les formations politiques depuis la nuit des temps. Mais, apparemment, ce qui est de la simple publicité pour les autres partis – autrement dit, un moyen légitime d’exposer ses idées au public – devient une « propagande » éhontée de la part du FN.

Là encore, le mot, que nos esprits ont été éduqués à associer au nazisme, est loin d’être anodin.

Pourtant, si les idées frontistes ont fait leur chemin, c’est peut-être avant tout parce qu’elles ne sont pas aussi absurdes et révoltantes que Mme Igounet veut le laisser croire. Et parce que la réalité a changé depuis 1972.

L’immigration est, de fait, devenue un problème, d’ailleurs moins social (c’est-à-dire lié à la question du chômage) que politique et sociétal, comme on dit. D’autre part, Marine Le Pen n’est pas Jean-Marie, dont elle a abandonné les outrances et condamné les dérapages.

Qu’à cela ne tienne, pour Mme Igounet, le FN est toujours diabolique : « La rhétorique frontiste s’adapte […]. Mais le produit xénophobe est toujours là, seul l’emballage a évolué. » Elle ne cite, cependant, dans cette interview, aucun slogan, aucune affiche, aucun tract actuel pour justifier cette accusation. Elle reconnaît même qu’« aucune affiche visant à dénoncer l’islam ne va […] être éditée par le FN » depuis 1987.

Et quelle est cette « première (sic) affiche islamophobe du FN » ? À côté du dessin d’un minaret, on peut lire « Inch’ Allah ! » et, au-dessous : « Dans vingt ans, c’est sûr, la France sera une république islamique. »» Mme Igounet semble s’étonner que « l’affiche [soit] toutefois anonyme : pas de flamme du FN ni marque distinctive renvoyant au parti ». C’est que cette sombre prédiction n’émane pas du FN. L’affiche précise, en effet, son auteur : « Hussein Moussawi, chef Hezbollah d’Amal islamique, déclaration au Matin de Paris, 11 septembre 1986″… Ainsi, pour Mme Igounet, le FN se serait rendu coupable d’islamophobie en faisant simplement connaître à tous les Français les ambitions conquérantes, publiées dans la presse, d’un responsable du Hezbollah.

Au fait, que pense notre historienne du dessin à la une du Spiegel, qui montre Trump décapitant la statue de la Liberté, et du photomontage sur la couverture d’un magazine irlandais figurant le même Trump avec une cible sur la tempe, assorti de la question “Why not?” ? Est-ce, à ses yeux, une infâme « propangande » ou seulement l’expression légale d’une opinion légitime ?
 
* L'auteur ou les auteurs du présent article ne sont en rien membres du FN, du RBM ou d'un mouvement de cette famille politique -à la connaissance du BYR- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.