lundi 13 février 2017

Le jeu trouble de certains médias avec Marine Le Pen

Monnaie

Avez-vous remarqué que, lorsque les journalistes de l’audiovisuel  interrogent Marine Le Pen sur son programme économique, et en particulier sur la reprise du contrôle de notre monnaie nationale, ils ne lui laissent jamais le temps de répondre sur ce point. D’autant plus que la forme de ces questions est plus une affirmation qu’une véritable demande d’informations. Cela me fait penser au concept de certains armements embarqués à bord des avions de combat qui sont appelés « Fire and forget » (en gros, « tire et oublie ») Une fois le missile largué, le pilote ne se préoccupe plus de lui et concentre son attention sur d’autres objectifs et sur les menaces éventuelles.

Ces questions répondent au même objectif. L’essentiel n’est pas la réponse apportée, mais d’avoir posé la question sous une forme subliminale qui la fasse apparaître comme une réponse en elle-même. Avant même que notre candidate ait eu le temps de commencer sa réponse, il se trouve toujours un autre journaliste qui l’interrompt sous le prétexte du manque de temps, en disant que le sujet est trop « technique » pour être traité rapidement. On a donc droit à ce genre de séquence : « Madame Le Pen, beaucoup de chefs d’entreprise sont opposés à la sortie de l’euro, que leur répondez-vous ? »  A peine a-t-elle le temps de commencer à répondre que ce ne sont « que les dirigeants des très grandes entreprises » que son temps de parole est déjà dépassé
Ce procédé, souvent répété, appelle plusieurs commentaires :

Sur la forme, il est perfide car il est utilisé pour déstabiliser l’interlocuteur. Un des experts en la matière était probablement Michel Polac dans son émission « Droit de réponse » Il posait une question volontairement polémique à un des participants et, à peine celui-ci commençait-il sa réponse qu’il donnait le micro à une autre personne. Le résultat était immanquable, celui à qui on avait coupé la parole se mettait vite en colère en raison de la frustration qu’il éprouvait et le petit jeu se poursuivait jusqu’à l’empoignade généralisée. Dans notre cas, il s’agit essentiellement  de provoquer si possible une réaction d’impatience ou d’énervement, toujours mal perçue de la part des spectateurs.

Sur le fond, il impose une vérité non établie, celle des chefs d’entreprises opposés à la sortie de l’euro. C’est également très pernicieux, car cela revient à les placer comme réels détenteurs du pouvoir financier et monétaire, ce qui est évidemment inexact. Mais c’est également une des constantes de ce système libéral mondialiste de désigner  les « grands patrons » comme les chefs naturels du futur gouvernement mondial qu’ils appellent de tous leurs vœux.

Permettez-moi de vous citer cet extrait du livre « Bienvenue dans le pire des mondes* » qui reprenait le discours de David Rockefeller ouvrant la conférence annuelle du Club des Bilderberg en 1991, et dont il était le fondateur.
« Nous sommes reconnaissants au Washington Post, New-York Times et Time Magazine et d’autres publications dont les directeurs ont assisté à nos réunions et respecté leurs promesses de discrétion depuis presque 40 ans. Il nous aurait été impossible de développer nos plans pour le monde si nous avions été assujettis à l’exposition publique durant toutes ces années. Mais le monde est aujourd’hui plus sophistiqué et préparé à entrer dans un gouvernement mondial. La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers mondiaux est assurément préférable à l’autodétermination nationale pratiquée dans les siècles passés. »

Afin de confirmer ce propos, il ajoutera même en 1999, toujours cité dans le même ouvrage :

« Quelque chose doit remplacer les gouvernements et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire »

Il n’y a donc rien de surprenant à ce que le journaliste désigné pour questionner Marine Le Pen sur ce sujet soit Nicolas Baré , fidèle habitué des réunions du Bilderberg. On comprend également que la réponse de Marine Le Pen ne soit pas souhaitée. Le message qui doit être passé ne doit pas être altéré par un exposé des raisons, pourtant justifiées, qui rendent indispensable cette mesure-phare de son programme économique, sans laquelle le redressement de notre pays ne pourra pas s’amorcer.

Assez curieusement, du reste, personne n’évoque, parmi ces inconditionnels du mondialisme, quels sont les réels avantages dont le peuple français a pu bénéficier depuis la mise en service de l’euro il y a 15 ans. Et pour cause, il n’y en a pas. Les seuls bénéficiaires ont été les pays déjà très exportateurs avant, qui ont bénéficié, au travers de la monnaie unique, d’une sorte de dévaluation compétitive permanente. Notre pays n’en fait pas partie et nous subissons les effets néfastes de cette monnaie dont le cours nous échappe totalement.
Ce qui rend ces choses de plus en plus insupportables, c’est justement ce genre de « faux-nez » permanent sous lequel avancent souvent des gens comme ces journalistes neutres en apparence, mais en réalité militant d’une cause qu’ils se gardent bien de mettre en lumière.

Certes, nul ne doit s’opposer au droit d’expression et à la liberté de la presse, fut-elle audiovisuelle,  mais, dans un simple soucis d’objectivité, il conviendrait que chacun joue « cartes sur table » ce qui est loin d’être toujours le cas.

Le délit d’opinion n’est pas condamnable et toute opinion est respectable, mais elle ne doit en aucun cas être cachée à peine de fausser le débat. Le besoin de transparence s’étend aujourd’hui également aux gens qui animent les médias politiques durant les campagnes électorales.

Bienvenue dans le pire des mondes, de Natacha Polony et du Comité Orwell, éditions Plon
Gilbert Collard