dimanche 12 février 2017

Le socialiste Julien Dray déplore que "la vraie dynamique" soit "du côté de Le Pen"

Dray montre

Julien Dray s'est mué en fin analyste de la vie politique française. Conseiller de François Hollande, le conseiller régional socialiste est "très inquiet" de la campagne présidentielle qui débute. Dimanche sur Radio J, il a fait part de son pessimisme en des termes très francs : "Je suis très, très inquiet de la tournure des événements, parce qu'on a une drôle de campagne. C'est un peu comme la drôle de guerre en 1940. C'est-à-dire que chacun est content, chacun pense que tout va bien."

Et d'estimer qu'aujourd'hui, en l'état, c'est… le FN qui fait la meilleure campagne. "La vraie dynamique pour l'instant, on le voit, elle est du côté, malheureusement, et c'est extrêmement grave, de Marine Le Pen", a-t-il affirmé, notant un "double phénomène": un "phénomène de crise à droite" et "une gauche qui ne prend pas la mesure de ce qui est en train de se passer".

Un appel à Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon

"On voit bien que l'alternative n'existe pas à droite, ou va avoir énormément de mal à exister [...] et donc il faut que la gauche - et ce n'est plus simplement un objectif, c'est aujourd'hui un devoir - puisse se constituer en alternative face à l'extrême droite", a-t-il développé. Et Julien Dray d'insister sur la nécessité d'une alliance large de la gauche, "d'Emmanuel Macron à Jean-Luc Melenchon".

"L'essentiel aujourd'hui c'est ce qui peut nous réunir, ce n'est pas ce qui peut nous diviser", a estimé le conseiller régional d'Ile-de-France, qui avait soutenu Vincent Peillon au premier tour de la primaire socialiste élargie. "Tous les candidats pour l'instant sont dans la culture de leur spécificité, mais ne mettent pas en avant la nécessité de se rassembler", a-t-il déploré, se positionnant "dans un rappel à l'ordre".

En termes de calendrier, Julien Dray estime que la gauche a désormais "un bon mois pour arriver à créer les conditions d'un sursaut républicain". En appelant, "pourquoi pas", à s'allier avec "une partie de la droite modérée".

Mais qui pour prendre la tête de ce rassemblement? Julien Dray a esquivé la réponse, refusant de dire qui de Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon ou Emmanuel Macron pouvait incarner ce leadership. "Si vous mettez en avant les questions de personnes, vous êtes paralysé aujourd'hui", a-t-il ainsi justifié.

Par Gaël Vaillant le 12/02/2017

JDD