mercredi 8 février 2017

Les députés britanniques autorisent Theresa May à déclencher le Brexit

Londres Westminster

Trois jours auront été consacrés à l'étude de quelque 140 pages d'amendements. Ce mercredi, les 650 élus du Parlement britannique ont largement adopté en première lecture le projet de loi du gouvernement conservateur donnant à Theresa May le pouvoir de déclencher le processus de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Les députés de la chambre des Communes ont approuvé le texte par 494 voix contre 122. Le projet de loi, soumis au Parlement après que le gouvernement y a été contraint par la Cour suprême en janvier, doit ensuite être examiné par la chambre des Lords, avant de revenir devant les députés en cas d'amendement. L'adoption définitive du texte ne devrait donc pas intervenir avant plusieurs semaines. Mais Theresa May le dit et le répète: elle déclenchera avant le 31 mars l'article 50 du Traité de Lisbonne, point de départ de deux ans de négociations pour sortir de l'Union européenne.

Intitulé «Projet de loi de l'Union européenne (notification de retrait)», le texte donne à Theresa May le pouvoir d'activer l'article 50 du Traité de Lisbonne, qui lancera deux années de négociations de sortie de l'UE. Si l'adoption définitive ne devrait pas intervenir avant plusieurs semaines, le vote de mercredi constitue une victoire pour Theresa May, qui s'est engagée à déclencher avant le 31 mars l'article 50. Pour étouffer toute rébellion dans les rangs de la majorité conservatrice, la première ministre a promis mardi que le Parlement se prononcerait sur les termes du Brexit avant le résultat final des négociations entre Londres et Bruxelles, sans toutefois que cela puisse remettre en cause la sortie du giron européen.

«Nous introduirons une motion. Cette motion sera dans l'accord final», a-t-elle déclaré mercredi au Parlement. Et ce «avant que le Parlement européen ne débatte et valide l'accord final». «Ce sera un vote important», a estimé le secrétaire d'Etat au Brexit, David Jones. «Il laissera le choix entre sortir de l'Union européenne avec ou sans un accord négocié» avec Bruxelles. Mais le député libéral-démocrate (centre) Tom Brake a qualifié l'annonce de «feuille de vigne», refusant d'y voir une concession de la part du gouvernement.

Par Anne-Laure Frémont le 08/02/2017 avec AFP

Le Figaro