samedi 4 février 2017

Marine Le Pen veut monter à plein régime

Marine 04022017

Ce devait être le top départ de sa campagne. Cette "convention présidentielle", qu'elle avait annoncée dès le mois de septembre lors de sa rentrée à Fréjus (Var), et qui se nomme désormais "Les Assises présidentielles". Mais avant le rendez-vous de Lyon, ce week-end, Marine Le Pen avait légèrement anticipé son entrée dans la course à l'Elysée en multipliant les interviews en janvier. La faute notamment à la montée en puissance d'Emmanuel Macron qui commençait le mois dernier à menacer dans les sondages son éventuelle qualification pour le second tour de la présidentielle.

Au Centre de congrès de Lyon, qui jouxte le parc de la Tête d'or, Marine Le Pen entend toutefois donner un coup d'accélérateur et se mettre en "plein régime", selon le terme d'un membre du conseil stratégique de campagne à l'AFP. Le rassemblement vise d'abord à officialiser son projet pour 2017. Sur TF1, la frontiste a promis le week-end dernier "144 engagements" à mettre en œuvre et à contrôler "tout au long de [son] quinquennat". Elle en a présenté les grandes lignes dès cette semaine, sur LCP puis dans une interview au Monde. Outre ses projets de référendum pour sortir de l'Union européenne et réviser la Constitution, elle a officialisé sa proposition de "chèque de pouvoir d'achat" pour les plus revenus les plus modestes et son souhait de taxer les embauches de salariés étrangers.

Des tables rondes et des repas "patriotes"

Le programme complet devrait toutefois être moins volumineux que celui de 2012, qui comptait une centaine de pages. Le chiffrage de ce projet pourrait être l'un des enjeux de ces "Assises", censées faire la synthèse de l'ensemble des conventions thématiques tenues à l'automne. Le magazine Challenges, qui a récupéré une version, évoquait cette semaine un "catalogue" de "promesses plus ou moins floues, souvent coûteuses et mal financées".

Sur la forme, le week-end se déroulera sur le même format que les habituelles universités d'été du Front National. Lancée par le directeur de campagne de Marine Le Pen, David Rachline, la journée du samedi verra s'enchaîner des tables rondes qui permettront aux principaux responsables du parti de prendre la parole. Le programme définitif n'était pas encore connu ce vendredi après-midi. Après le "dîner patriotique" à huis clos, le samedi soir, puis un autre repas "patriote", dimanche midi, ce sera à la candidate de s'exprimer, dimanche à 15 heures, pour un meeting ouvert au public.

Contrairement à la droite, le FN fait bloc contre les affaires

Ces deux jours viseront donc à montrer l'unité du parti derrière Marine Le Pen, à un moment où François Fillon - qui était donné jusque-là comme son adversaire du second tourest plombé par les soupçons des emplois supposés fictifs de son épouse. Car si la suite de la campagne de l'ex-Premier ministre est remise en cause au sein même de son camp, le Front National fait bloc malgré ses propres difficultés judiciaires. Une enquête est ouverte dans l'affaire des assistants du Parlement européen, l'institution européenne réclamant sans attendre le remboursement de plus d'un million d'euros de salaires qu'elle estime avoir indûment payé. L'ombre d'un procès sur le financement des campagnes de 2012 continue par ailleurs de planer.

D'ici là, la candidate frontiste, elle, va enchaîner les grands meetings : Nantes (26 février), Châteauroux (11 mars), Metz (18), Lille (26), Bordeaux (2 avril), Ajaccio (8), Toulouse (15), Paris (17) et Marseille (19). Ses grandes interventions médiatiques, de leur côté, reprendront dès jeudi prochain avec L'Emission politique de France 2.

Par Arnaud Focraud le 03/02/2017

JDD