jeudi 16 mars 2017

Après avoir vu Angela Merkel, Macron se présente comme rempart au FN

Macron Merkel

La chancellerie avait annoncé une rencontre "informelle et confidentielle", il en fallait plus pour dissuader la presse de venir attendre Emmanuel Macron à la sortie. Et plus encore pour dissuader le candidat de diffuser sur les réseaux sociaux une photo du tête-à-tête dans le bureau d'Angela Merkel.

Le candidat à la présidentielle a eu droit à un entretien d'un peu plus d'une heure jeudi après-midi. Un privilège qu'elle ne lui avait pas été accordé, malgré ses demandes répétées, lors de sa dernière visite à Berlin, les 10 et 11 janvier dernier. À cette occasion, le candidat de "En marche !" avait multiplié les félicitations à l'égard de Merkel, principalement pour sa politique en faveur de l'accueil des réfugiés. Pour la première fois, il avait également développé son projet d'une "Europe de la souveraineté".

"Je sais de quel côté balance son cœur"

Le 24 janvier, c'est le candidat LR François Fillon que la chancelière recevait, avec photo officielle à l'appui, elle qui avait soutenu Nicolas Sarkozy en 2012. "Je sais de quel côté balance son cœur", a affirmé Fillon, comme pour se conforter. Mais les temps ont changé. Les candidats aussi. Et Merkel, qui affrontera le verdict des urnes elle-même en septembre prochain, ne compte soutenir personne pour la présidentielle française. Alors que la campagne de François Fillon a des allures de chemin de croix, jalonné par des affaires en tous genres, Merkel maintient toutes les portes ouvertes en recevant Emmanuel Macron.

"Je lui ai présenté mon projet d'une Europe de la défense, d'une coopération renforcée en matière de sécurité, en matière numérique et environnementale. Et une relance de l'investissement", a raconté le candidat de En marche ! sur le parvis jouxtant la Willy Brandt Strasse. Autant de sujets de "convergences" avec la chancelière, assure-t-il. Si Emmanuel Macron a refusé de parler au nom d'Angela Merkel, il s'est félicité qu'elle se soit montrée "très ouverte à un couple franco-allemand encore plus fort", sans préciser, donc, avec qui elle comptait renforcer le lien.

La peur du FN

Une chose est sûre : Angela Merkel se montre très inquiète de la montée des populismes en Europe et de l'extrême droite en France. L'idée répandue que Marine Le Pen serait assurée d'accéder au second tour de la présidentielle doit peser lourd dans son choix de ne pas se prononcer. La chancelière allemande entend ainsi ménager celui qui sera le plus à même de l'emporter face au FN.

D'ailleurs, Macron a bien insisté en soulignant qu'ils s'étaient félicités tous les deux du résultat des législatives aux Pays-Bas, de la défaite du leader d'extrême droite Geert Wilders face au Premier ministre libéral Mark Rutte. Merkel partage avec Macron, dit-il, la volonté de "tout faire pour que les extrêmes ne triompent pas en France". 

Dans la foulée de cette rencontre, le candidat de En marche ! participait à une conférence sur l'avenir de l'Europe avec le ministre des Affaires étrangères Sigmar Gabriel et le philosophe Jürgen Habermas.

Par Charlotte Chaffanjon le 15/03/2017

Le Point