dimanche 12 mars 2017

Aux Pays-Bas, on ne s’aplatit pas devant le sultan

Erdogan tribune



Par Silvio Molenaar  * le 12/03/2017

Le sultan du Bosphore a ses règles, et gare à quiconque se mettant en travers de leur chemin (je parle des « règles »)… On l’avait vu en France il y a quelques années éructer sa perfidie l’adresse de la communauté turque de France, et à l’encontre de l’idée d’assimilation, qu’il n’hésitait pas à qualifier alors de « crime contre l’humanité ».
Ne vous assimilez pas ! éructa le Turc à une tribune en France.

Le moins grave n’étant pas le silence nauséabond de nos propres politiques à ce moment làLe ridicule ne tuant pas en sultanat, (dans insultant, il y a sultan) et une tentative de coup d’Etat plus tard du côté d’Ankara, le voilà qui, dans le cadre d’un campagne visant à mobiliser les diasporas turques européennes, il envoie divers ministres prêcher la bonne parole afin d’obtenir leur adhésion à son dernier dada : élargir considérablement les pouvoirs du sultan, c’est-à dire les siens (référendum du 16 avril). Il y eût quelques frictions diplomatiques initiales du côté de l’Allemagne pour les mêmes raisons, (importante diaspora) et c’est maintenant en dessous du niveau de la mer que cela se passe depuis une bonne semaine, à Rotterdam notamment. Le chef du gouvernement Rutte a en effet décidé que des ministres étrangers n’avaient pas à s’inviter sur son sol à des meetings électoraux à l’intention de leur diaspora.

Après avoir annoncé en grandes pompes la venue de son ministre de Affaires étrangères aux Pays Bas, le sultanat s’est vu refuser l’accès de l’espace aérien batave à l’avion transportant son important messager, le dénommé Mevlüt Cavusoglu, lequel avait l’intention de braver l’interdiction de meeting électoral décrétée par les autorités néerlandaises.

Et c’est le moment que choisirait le nazisme pour opérer son grand retour, à en croire un sultan (lisez toujours insultant) du Bosphore. Dans un premier temps, le petit sultan s’en prit à Wilders, le crypto-fasciste, lequel Wilders ayant à peine ouvert sa bouche, et voyant que la sauce peinait à monter, le voilà qui proclame haut et fort qu’au pays de Cruyff, du Gouda des moulins et du shit, ça sentait fort le nazisme, menaces diplomatiques à l’appui. Ne s’en laissant pas compter, le « nazi » Rutte répliquait bientôt qu’Ankara avait dépassé les bornes, conforté dans sa déclaration par le maire de Rotterdam, Ahmed Aboutaleb.

Jamais en manque d’inspirations Pieds Nickelesques, le sultanat décida entre-temps de ruser en envoyant un autre plénipotentiaire plus discrètement, à savoir par voie terrestre… Hélas pour cette dernière, une femme, le pot au rose fût bientôt éventé et voilà que, débusquée dans sa voiture du côté de Rotterdam en cherchant à y rejoindre son consulat, la ministre des Affaires familiales Fatma Betül Sayan Kaya fût promptement interceptée, bloquée dans sa voiture, et proprement reconduite à la frontière allemande sous bonne escorte !

Vous voulez que je vous dise ? Je reprends un peu espoir !! Bien entendu, mais ce n’est qu’anecdotique, ce haut fait diplomatique accompli sous le haut patronage « nazi », ne pouvait manquer d’engendrer une frustration de notre chère diaspora turque, aussi la nuit fût-elle émaillée d’incidents divers et variés près du consulat en question.

En tout cas, bon voyage retour, madame la ministre. Selon Huffingtsonpost, le ministre des Affaires étrangères aurait tenu un meeting « lot de consolation » à Metz, ce dimanche. Ça, c’est signé Hollande… je veux dire l’autre.

Courage, plus que quelques semaines.
 
* L'auteur ou les auteurs du présent article ne sont en rien membres du FN, du RBM ou d'un mouvement de cette famille politique -à la connaissance du BYR- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.