lundi 6 mars 2017

Doubs: un médecin anesthésiste de Besançon soupçonné d'avoir empoisonné volontairement sept patients, dont deux sont morts


Les faits sont gravissimes et leurs motivations –si du moins le caractère volontaire est avéré restent floues. Un médecin-anesthésiste de la clinique Saint-Vincent à Besançon, dans le Doubs, est mis en examen ce lundi 6 pour sept empoisonnements, dont deux mortels, commis sur des patients entre 2008 et 2017.

Le parquet de Besançon écarte clairement la thèse de l'accident médical: "Nous n’avons pas retenu le chef d’homicide involontaire, mais bien d’empoisonnements. Vu les doses, ça ne pouvait pas être accidentel", explique à l'Est républicain la vice-procureure de la République, Christine de Curraize. Les faits concernent des personnes âgées de 37 à 53 ans. Deux sont mortes d'arrêts cardiaques suite aux doses des substances administrées (dont le détail n'est pas précisément connu): l'une en 2008, l'autre en 2016.

Le médecin-anesthésiste suspecté est âgé de 45 ans. Reconnu professionnellement, l'enquête essaie de comprendre quelles auraient pu être ses motivations. Il n'apparaît pas encore clair si les faits s'apparentent à une fin de vie accélérée, hors de tout cadre légal, pour abréger des souffrances, ou si le motif serait crapuleux. Seule certitude dévoilée par l'enquête: le suspect ne connaissait pas personnellement les différentes victimes. Les investigations vont se poursuivre pendant plusieurs mois pour faire la lumière sur chacun de ces cas qui s'étalent sur pratiquement dix ans.

Le parquet a demandé le placement en détention du suspect, qui nie les faits qui lui sont reprochés. S'il est reconnu coupable d'empoisonnement volontaire ayant entraîné la mort, il encourt jusqu'à 30 ans de prison.

Le 06/03/2017

France Soir