samedi 11 mars 2017

Du zoo de Thoiry au lycée Suger de Saint Denis, la barbarisation des moeurs

Lycée Suger Saint-Denis


Par François-Xavier Laisne * le 10/03/2017

A quelques lieues de notre château de Versailles, tout près de ce qui fut le cœur de la civilisation des mœurs, du raffinement, tout proche de ce qui fut la dynamique de l’occident, témoignage outragé de ce que fut la France au siècle de Louis XIV, son éclat, sa puissance, sa grandeur, à un souffle de ce qui fait encore notre gloire auprès des autres peuples et nations du Monde qui méconnaissent en partie notre drame. Oui mes amis non loin de ce lieu symbolique de notre splendeur passée, à l’ombre de la Lumière du Grand Roi, à Thoiry, un autre château des grands siècles hébergeant un magnifique parc et refuge animalier, on abattait en même temps que Vince, le rhinocéros blanc, âgé de 4 ans, un pan de notre civilisation.

Vince nous dit-on laconiquement dans Le Parisien, « un rhinocéros blanc mâle âgé de 4 ans, a été abattu par des malfaiteurs qui lui ont volé sa corne. C’est vers 9 h 30 qu’un soigneur a découvert le cadavre de l’animal, tué de trois balles dans la tête. Sa corne avait été découpée à la tronçonneuse».
Loin d’être anecdotique, ce fait criminel, ce premier acte de braconnage « de norme africaine », en Europe est à rapprocher de la litanie des crimes, délits qui endeuillent un peu plus chaque jour notre pays et qui jettent un voile sombre et horrible sur ce qui fut la civilisation.

Norbert Elias, sociologue allemand a justement parlé de « civilisation des mœurs » pour décrire le processus de sophistication et de raffinement des comportements à partir de la fin du Moyen-Age qui furent à l’oeuvre en Europe. Nous remonterons plus loin et nous dirons qu’à travers le rapport des hommes et des femmes en Occident (Georges Duby), notre civilisation riche de 30 000 ans d’identité (Dominique Venner) ces usages étaient ancrés au plus profond de notre mémoire, et bien avant la Renaissance, après l’an mille, en Champagne, en Languedoc et en Catalogne s’épanouissait « le fin’amor » ou amour courtois que chantaient poètes, trouvères du Nord de l’Europe, troubadours du Sud.

Notre continent européen, notre pays après de continuelles « guerres civiles », auraient dû reprendre cette marche vers le mieux et le beau, et en lien avec notre sujet engager de nouveau ce rapport respectueux de la cause animale, animaux, être sensibles, êtres vulnérables soumis au bon vouloir des hommes. A partir de ce crime de Vince, et au-delà, à travers les cruels rites superstitieux et quasi démoniaques de croyances qui nous sont étrangères, à travers ces égorgements et leurs montagnes de souffrances qui emplissent d’effrois le peuple héritier de la civilisation des mœurs, nous constatons l’inverse, la barbarisation de notre pays.
Non plus rien n’est épargné, y compris des espèces déjà accablées par le braconnage en Afrique particulièrement.

Comme nous autres Français et Européens, Vince est devenu une proie dans ce qui aurait dû demeurer son sanctuaire dans l’indifférence de la médiacratie honnie. Ses soigneurs et Colomba de la Panouse, héritière d’un noble nom et d’une noble lignée, désemparés, n’ont pu que constater leur impuissance malgré tous les efforts consentis pour protéger leurs amis. De fait cet îlot de paix et d’amour, ce havre de douceur, de quiétude et de repos, comme le fut toute notre France, jusqu’alors préservée est lui-même touché par la cruauté qui gangrène et gagne tout autour

Vince odieusement assassiné est une métaphore de notre drame. Il est au fond comme nous la victime de deux fléaux, le cosmopolitisme et le libéralisme planétaire, deux phénomènes sauvages et sans limites vantés par le système aux commandes, ce système qui nous accable depuis la mort de Charles de Gaulle, qui fait des hommes et notamment des femmes (la GPA défendue par le sordide Pierre Bergé, un des principaux promoteurs de la créature Emmanuel Macron à partir de l’immonde Le Monde) et de tous les animaux de vulgaires marchandises et des proies et il est aussi victime des usages et pratiques présents sous d’autres contrées.

Avec la submersion et la colonisation de notre espace naturel, nous avons les fonctionnements et dysfonctionnements étrangers à notre peuple horrifié et terrorisé. Et nous passons un peu plus chaque jour de la sophistication des usages et comportements, de la pacification des rapports sociaux à des formes diverses de barbarie, au déclin, à la décadence. Cette barbarisation des moeurs et des rapports humains et sociaux se vit et s’exprime au quotidien, dans votre rue, à l’hôpital, dans votre train, au travail, de la crèche à l’école, au volant de votre voiture, du zoo comme avant-hier, au lycée comme aujourd’hui, elle est partout et tout le temps… Oui mes amis aujourd’hui, dans un lycée aux portes de Paris, dans ce lycée à l’illustre nom (Suger 1080-1151, abbé de Saint-Denis est l’initiateur de la cathédrale gothique connue de par le monde, il fut aussi un grand « ministre » de Louis VI et de Louis VII), elle bafoue notre histoire à travers celle de nos rois, entravant leur repos éternel dans leur nécropole charnelle, en la cathédrale de Saint-Denis. Comme avant-hier à l’ombre de Versailles et du château de Thoiry, c’est la civilisation des mœurs qu’on assassine. Une terreur bien plus grande que 1792 et des années de fureur nous menacent, terreur ethnique et sauvage infiniment plus que politique.


Sur les portes de bronze du portail royal de la cathédrale de Saint-Denis, Suger a fait graver ceci… « Qui que tu sois, si tu veux exalter l’honneur des portes, N’admire ni l’or ni la dépense, mais le travail de l’oeuvre. L’oeuvre noble brille, mais l’oeuvre qui brille dans sa noblesse devrait illuminer les esprits, afin qu’ils aillent, à travers les vraies lumières, Vers la vraie lumière, où le Christ est la vraie porte. Ce que la vraie lumière est à l’intérieur, la porte dorée le détermine ainsi L’esprit engourdi s’élève vers le vrai à travers les choses matérielles, Et plongé d’abord dans l’abîme, à la vue de la lumière, il resurgit. »

Comment la laideur qui fait loi dans notre société contemporaine qui inverse toutes les valeurs, toutes les proportions du beau et du vrai pourrait-elle relever les « esprits engourdis » et sauver les autres Vince et nous-mêmes ?

Il nous faut donc rebâtir sur nos socles et soutenir notre front…
 
* L'auteur ou les auteurs du présent article ne sont en rien membres du FN, du RBM ou d'un mouvement de cette famille politique -à la connaissance du BYR- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.