samedi 18 mars 2017

Élections néerlandaises : le triomphe de la postmodernité

Pays-Bas élections


Par Gabriel Robin, SG du CLIC le 18/03/2017
Hier, les Hollandais étaient appelés aux urnes pour des élections législatives particulièrement riches en enseignements. La liste conduite par Mark Rutte, Premier ministre sortant représentant le parti libéral, est arrivée assez largement en tête.

Si la liste du PVV de Geert Wilders a enregistré une progression, elle a aussi un peu déçu en arrivant à égalité avec les chrétiens-démocrates. Le système électoral néerlandais est assez particulier vu de France. Je vais tenter de vous aider à y voir plus clair, en m’attardant sur les éléments clés pour comprendre ce scrutin et ses conséquences possibles :

– Hier, les principaux dirigeants européens paraissaient vraisemblablement soulagés, multipliant les déclarations grandiloquentes. Preuve d’une fébrilité initiale ? Il faut dire qu’ils ont eu très chaud, Geert Wilders n’ayant jamais été aussi proche du pouvoir. « Un vote pour l’Europe, un vote contre les extrémistes », jugeait Jean-Claude Juncker, ambassadeur de la planète Bisounours sur Mars. Même son de cloche du côté de Monsieur 4 %, alias François Hollande. Angela Merkel, en grande difficulté en Allemagne, jubilait. On se rassure comme on peut, dans l’Europe d’après…

– La remontée sur le fil de Mark Rutte peut probablement s’expliquer par son attitude à l’égard de Mevlüt Çavuşoğlu, ministre des Affaires étrangères turc interdit de tenir un meeting pro-Erdoğan à Rotterdam quelques jours avant le vote. Le Premier ministre libéral aurait-il eu la même attitude si le PVV avait été à 4 % dans les sondages ? On peut en douter. La montée des partis dits « populistes » peut, a minima, forcer les mollassons à agir ; ne serait-ce que symboliquement.

Les pays occidentaux se fragmentent. À ce titre, les Pays-Bas sont symptomatiques de ce phénomène.
Plus d’une dizaine de partis se présentaient. Notons, notamment, l’arrivée de plusieurs députés du Parti… des animaux. Une blague qui risque de faire des petits chez les voisins dans les années à venir. Cela confirme une intuition personnelle : l’antispécisme sera l’antiracisme du XXIe siècle.

– Créé en 2015 par deux Néerlandais originaires de Turquie, le parti Denk a obtenu trois députés. Cette formation politique est ouvertement marxiste culturelle, raciste anti-blancs, crypto-islamiste et antisioniste. Farid Azarkan, numéro deux du parti, l’exprimera mieux que moi : « Nous voulons écrire l’Histoire, sous la direction d’enfants d’immigrés : nous voulons prendre la place qui nous revient dans la démocratie et cela passe par le Parlement. » Ils sont des séides du pouvoir turc qui instrumentalise la haine de l’Occident à son profit personnel. Majeur : les immigrés voteront bientôt uniquement pour d’autres immigrés. Bref, les nations européennes sont au bord de la sécession, travaillées par les divisions ethniques, culturelles et religieuses. Quant aux Pays-Bas, ils confirment leur statut de laboratoire de la postmodernité en marche.

– La montée des mouvements défendant la nation est réelle. Elle témoigne d’un grand mouvement à l’œuvre sur le continent européen. Les peuples veulent se libérer des chaînes qui les entravent et retrouver leur fierté. Thierry Baudet, l’auteur de l’ouvrage Indispensables frontières. Pourquoi le supranationalisme et le multiculturalisme détruisent la démocratie, a aussi été élu en son nom.
 
Cela signifie quelque chose.