mercredi 8 mars 2017

Heurts près d'un lycée à Saint-Denis : 55 jeunes en garde à vue

Violence tableau

Cinquante-cinq jeunes étaient en garde à vue mardi après avoir "caillassé des policiers" et incendié des poubelles à proximité d'un lycée de Saint-Denis que le proviseur venait d'évacuer après des jets de fumigènes, a-t-on appris de sources policières, confirmant une information du Parisien.

Sur ces 55 jeunes interpellés, dont la majorité sont des lycéens, figurent 44 mineurs, a précisé dans la soirée le parquet de Bobigny, ajoutant que leur garde à vue serait prolongée mercredi matin, le temps de déterminer les responsabilités de chacun.

Lycée évacué 

Au cours de la récréation de 10h, mardi matin,une dizaine de personnes se sont introduites dans l'enceinte du lycée Suger, situé dans le quartier réputé difficile du Franc Moisin, pour y semer le chaos. "Vers 11h, des fumigènes ont été lancés dans l'enceinte de l'établissement. L'air est devenu irrespirable et le proviseur a décidé d'évacuer et de fermer l'établissement, qui avait déjà été perturbé la veille par des incidents", a relaté une source.

L'établissement déjà pris pour cible lundi

Lundi, le lycée avait déjà été pris pour cible et les vitres de la salle des professeurs avaient été caillassées depuis l'extérieur. Mardi, après plus d'une heure d'affrontements, l'établissement a été évacué.
"80 à 100 jeunes" ont pris la direction du centre-ville. Sur leur chemin, "ils ont caillassé des policiers, incendié des poubelles et détruit du mobilier urbain", selon une deuxième source policière. 

Jets de projectiles

En tout, 55 d'entre eux ont été interpellés et placés en garde à vue, a précisé la préfecture de police de Paris (PP), pour des faits de "violences volontaires", "attroupement armé" et "incendie volontaire". Trois autres jeunes ont été placés en garde à vue, l'un devant le lycée Paul-Éluard à Saint-Denis après un jet de projectiles contre des policiers, et deux autres à Paris suite à un incendie de poubelles devant le lycée Voltaire, a précisé la PP.

"Vengeance pour Théo"

En toile de fond, "des reliquats de l'affaire Théo", selon les sources policières. "On a pu entendre quelques slogans du type 'vengeance pour Théo' ", a témoigné l'une d'entre elles. La semaine dernière, les accès à plusieurs lycées à Paris et en région parisienne ont été bloqués ou perturbés par des jeunes qui protestaient contre "les violences policières".

Au lycée Suger, les cours devraient reprendre mercredi matin, si les professeurs n'exercent pas, entre temps, leur droit de retrait.

Par Marguerite Lefebvre le 07/03/2017

Europe 1