vendredi 17 mars 2017

La start-up Macron rachetée par l’Élysée : une vulgaire fusion-acquisition !

Macron-Hollande


Par Jean-Pierre Lenoir * le 17/03/2017

Et si Emmanuel Macron était le pur produit d’une fusion-acquisition entre l’entreprise socialiste dirigée par Francois Hollande et le monde des affaires de la place de Paris ?

Mêmes ingrédients pour les mêmes résultats ? Les similitudes sont, en effet, étranges entre le rachat par l’entreprise socialiste de l’Élysee de la start-up Macron et ces fusions-acquisitions qui hantent le monde des affaires à intervalles réguliers

Comme il y a belle lurette que l’Élysée socialiste ne déclarait plus de dividendes, il s’agissait de fondre son capital dans celui d’une autre entreprise, avec à sa tête un homme neuf. But de l’opération : reconquérir les parts de marché perdues au fil des années.

Sinon, comment expliquer l’étonnante facilité avec laquelle le CEO (Chief Executive Officer) de l’entreprise socialiste dont le siège est à l’Élysée a glissé dans cette espèce d’apathie fataliste devant la candidature Macron ? Pourtant, ce dernier a fait chanter le coq de la trahison en plusieurs fois. D’abord en se déclarant candidat hors les murs du parti, et ensuite en se contentant de prendre de haut l’entrée dans l’arène électorale de ses ex-petits camarades socialistes.

L’épisode socialiste à la tête de l’État a été tellement catastrophique pour la France qu’il n’était plus question d’essayer de maintenir en vie l’idéologie en perfusant d’abord Valls, héritier logique, puis Hamon, aujourd’hui en état de mort clinique… Et c’est là où le génie affairiste de tous ces courtiers-conseillers allait intervenir pour marier le grand capital militant des affaires à l’entreprise socialiste en état de cessation de paiements. Et c’est là, aussi, où la fusion-acquisition, à défaut de sauver le soldat Hollande déjà battu, se met en place pour sauver l’armée socialiste qui ne doit surtout pas disparaître du paysage.

On connaît le nom du deus ex machina : Jean-Pierre Jouyet, secrétaire général de l’Élysée. Ce socialiste machiavélique couve, dès sa sortie de l’ENA en 2004, ce jeune inspecteur des finances, jeune pousse socialistequi a tout pour plaire au grand capital sans le brutaliser. Macron rejoint, en 2008, la banque Rothschild, dont il devient associé-gérant en 2010.

De son côté, Jouyet enfonce un coin dans les relations entre Sarkozy et Fillon, deux candidats potentiels pour les élections de 2017, en déclarant, en 2014, que Fillon lui a demandé de faire accélérer les procédures judiciaires contre Sarkozy.

Macron, lui, profite de ce poste d’observation unique à la banque pour trier l’ivraie des affaires du bon grain socialisant. Sa première grande intervention en faveur du grand capital socialiste consiste à donner plus que sa bénédiction au rachat, par le trio Bergé-Niel-Pigasse, du journal Le Monde sans lequel aucune conquête politique ultérieure n’est possible. Sa deuxième bénédiction est plus récente : donnée à Patrick Drahi, financier franco-israélien dont le groupe Altice veut racheter SFR, qui possède 49 % de NextRadioTV, maison mère de BFM TV et RMC. Dans les deux cas, le principe de la fusion-acquisition des idées et desoutils de propagande est flagrant. L’audiovisuel et la presse écrite sont maintenant en place dans l’entreprise de conquête.

Reste, ensuite, à expliquer aux actionnaires pourquoi, selon Le Monde du 7 mars dernier40 % des propositions d’Emmanuel Macron sont presque similaires à celles de Hollande en 2012. Ce sera là l’ultime entreprise de fusion-acquisition à laquelle va s’atteler le banquier candidat avant l’échéance électorale :

Arriver à faire croire à tous les grands décideurs pour lesquels l’économie et les affaires règnent sur tout le reste que le socialiste Macron est soluble dans leur monde pour leur intérêt, et accessoirement dans l’intérêt de la France…
 
* L'auteur ou les auteurs du présent article ne sont en rien membres du FN, du RBM ou d'un mouvement de cette famille politique -à la connaissance du BYR- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.