jeudi 2 mars 2017

Macron : la guerre au centre a bien lieu

Macron Bobigny


Par Gabriel Robin , SG du CLIC du 02/03/2017

Souvenez-vous… Détournant la formule de Guillaume Bernard (auteur de La guerre à droite aura bien lieu), je vous annonçais ici même, au moment où Emmanuel Macron se déclarait candidat à l’élection présidentielle, que la guerre au centre aurait bien lieu (http://www.bvoltaire.fr/ gabrielrobin/la-guerre-au- centre-aura-bien-lieu,294514). C’est fait. Nous assistons à une OPA des réseaux profonds du Parti socialiste sur le marigot centriste. Par un habile tour de passe-passe, l’ancien conseiller spécial de François Hollande a cannibalisé le centre droit français, ralliant même à sa cause le toujours très opportuniste François Bayrou
 
Les astres se sont alignés pour qu’Emmanuel Macron puisse devenir le champion du social-libéralisme à l’allemande sous nos latitudes. À la tête d’une coalition très hétéroclite, d’aucuns diront qu’il s’agit d’une armée mexicaine politico-médiatique, Emmanuel Macron est la cheville ouvrière d’une véritable révolution culturelle de la vie politique française. Il le dit lui-même, n’hésitant pas à faire référence à MaoEmmanuel Macron pourrait, d’ailleurs, faire sienne cette citation de Valéry Giscard d’Estaing – et non, ce n’était pas dans le film La Chinoise de Jean-Luc Godard : « Je gouverne et je gouvernerai au centre. »
 
Cette pièce de théâtre s’est jouée en trois actes :
 
– Les sympathisants de la droite et du centre ont massivement plébiscité François Fillon. De fait, ils ouvraient un espace supplémentaire à Emmanuel Macron. Conscient du danger, François Fillon a immédiatement cherché à s’attirer les sympathies des figures centristes de son parti, mais aussi de l’UDI et du MoDem, allant jusqu’à donner à Nathalie Kosciusko-Morizet, que rien ne distingue d’Emmanuel Macron, la circonscription de Rachida Dati. Il s’est donc mis en difficulté avec les reliquats « sarkozystes »
 
À l’image des électeurs de l’élection primaire de la droite, les sympathisants de gauche ont choisi Benoît Hamon, homme clairement marqué à gauche et qui avait pris soin de ne pas être trop identifié à l’actuel exécutif socialisteDivine surprise pour Emmanuel Macron, qui se voyait débarrassé de l’encombrant Manuel Valls, incarnant une gauche plus réformiste et plus attachée à la verticalité de l’État.
 
– Enfin, Emmanuel Macron a bénéficié de l’érosion de l’image de François Fillon dans l’opinion publique, suite à ce que l’on appelle désormais le Penelopegate. Attentiste, l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy a très mal géré la pression. Après sa conférence de presse bizarroïde, il a été lâché par de nombreux centristes ou apparentés.

Bruno Le Maire, ancien candidat à l’élection primaire, a quitté son comité de campagne. Notons que, selon un sondage IFOP, 86 % des sympathisants de l’UDI déclaraient vouloir voter François Fillon le 28 février. Ils n’étaient plus que 69 % le premier mars !

François Mitterrand disait que le centre n’était que la « variété molle de la droite ». Emmanuel Macron est en train de le faire mentir, faisant du centre une variété molle d’un Parti socialiste en bout de course. Dans son projet, comportant plus d’une centaine de propositions, le cyborg de la World Company n’utilise pas une seule fois le mot « immigration ». Quant aux terroristes islamistes, ils sont renommés « foreign fighters » … Pour cet homme, aussi convaincu du fait que la France ne possède pas plus une culture qu’un art spécifiques à revendiquer dans l’histoire du monde que persuadé que la période coloniale fut constitutive d’un crime contre l’humanité, la notion de progrès revient dans toutes les phrases tel un véritable mantra. Pourtant, son « projeeet » ne représente aucunement un progrès politique, recyclant sans vergogne les idées du siècle passé
Le fils préféré de François Hollande est logiquement compatible avec le centre, le mou et le tiède. Quelle différence entre Jean-Christophe Lagarde et lui ?

Ils ont tout en commun : une même vision de la construction européenne dans le droit fil de Maastricht et du traité de Lisbonne, une même vision de la République gagnée au multiculturalisme et une même vision du libre-échangisme économique mondial tempéré par un socialisme fiscaliste étouffant à l’intérieur de nos frontières.
Un second tour de l’élection présidentielle, entre Le Pen et Macron, serait un référendum. Je choisis la France historique, l’identité et la souveraineté. 

Et vous ?