vendredi 3 mars 2017

Marine Le Pen convoquée par les juges dans l'affaire des assistants parlementaires

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La candidate du Front National est accusée d'avoir employé fictivement les assistants des 23 députés européens du parti d'extrême droite. Elle a fait savoir qu'elle ne se rendrait pas à la convocation des juges en vue d'une possible mise en examen pour «abus de confiance».

L'étau se resserre autour de Marine Le Pen

La candidate du Front National à l'élection présidentielle a été convoquée par les juges d'instruction, en vue d'une possible mise en examen, dans l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs d'assistants du FN au Parlement européen, mais elle a fait savoir qu'elle ne s'y rendrait pas. Selon l'une des sources, la candidate du Front National à la présidentielle a affirmé dans un courrier envoyé aux juges qu'elle ne répondrait pas à cette convocation avant la fin de la campagne, une information confirmée par son avocat Rodolphe Bosselut.

Dans ce courrier, Marine Le Pen dénonce des violations du secret de l'enquête, une instrumentalisation de l'affaire et estime que les conditions de «légalité», de «sérénité» et de «confiance» ne sont pas réunies pour qu'elle soit entendue, a expliqué cette source proche du dossier. Marine Le Pen est convoquée vendredi prochain, en vue d'une mise en examen pour abus de confiance, a précisé l'une des sources, ce qu'a aussi confirmé l'avocat. Si l'audition avait lieu, la présidente du parti d'extrême droite pourrait ressortir mise en examen, ou sous le statut plus favorable de témoin assisté.

Concrètement, le Parlement européen soupçonne d'emplois fictifs les assistants des 23 députés européens du FN. L'office européen de lutte antifraude, saisi par un courrier anonyme, a commencé à enquêter en 2014 sur les rôles de sa cheffe de cabinet au siège du FN, Catherine Griset, et de son garde du corps, Thierry Légier. L'ancien président de l'institution, Martin Schulz, a saisi officiellement cet office en 2015, après avoir constaté que 20 des 24 assistants parlementaires présents à Strasbourg figuraient dans le dernier organigramme du parti en France. «On ne peut pas être payé par le Parlement européen et travailler pour un parti», avait résumé Martin Schulz.

Le parquet de Paris a ensuite conduit une enquête préliminaire, confiée aux policiers de l'Office anticorruption de la police judiciaire (Oclciff), avant de saisir en décembre des juges d'instruction. Concrètement, la justice tente de savoir si le Front National a organisé un système pour rémunérer des cadres ou employés du parti en France avec des fonds publics de l'Union européenne, grâce aux contrats d'assistants au Parlement européen.

L'enquête s'est récemment accélérée en France 

Convoquée par les enquêteurs de l'Office anticorruption de la police judiciaire (Oclciff), la présidente du FN ne s'est pas déplacée. Catherine Griset a quant à elle été mise en examen pour recel d'abus de confiance, soupçonnée d'avoir été employée fictivement comme assistante de Marine Le Pen au Parlement de Strasbourg de 2010 à 2016. De son côté, le garde du corps de la dirigeante d'extrême droite, Thierry Légier, avait été entendu par les enquêteurs avant d'être relâché.

Les magistrats menacés

Le 28 février dernier, Marine Le Pen s'était montrée très claire: si elle gagne la présidentielle, ceux qui œuvrent à faire émerger les affaires devront rendre des comptes. «Je veux dire aux fonctionnaires, à qui un personnel politique aux abois demande d'utiliser les pouvoirs d'État pour surveiller les opposants, organiser à leur encontre des persécutions, des coups tordus, ou des cabales d'État, de se garder de participer à de telles dérives. Dans quelques semaines, ce pouvoir politique aura été balayé par l'élection. Mais ses fonctionnaires, eux, devront assumer le poids de ces méthodes illégales. Ils mettent en jeu leur propre responsabilité. L'État que nous voulons sera patriote», avait prévenu la candidate pendant son discours.

Le 03/03/2017

Le Figaro

Note BYR : Oui, tout comme les sondages voulus ces derniers jours (ceux publiés ce jour par exemple qui annoncent un Macron devant tout le monde et une victoire d'un Juppé pas encore sur la ligne de départ), il faut abbattre par tous les moyens notre candidate. Nous sommes tous avec notre présidente ce soir !