mercredi 8 mars 2017

Marine Le Pen sur RTL dénonce "un fumet de persécution"

Marine RTL 08032017l


"Je ne me rendrai pas devant les magistrats pendant la campagne". Invitée des Petits déjeuners de la présidentielle sur RTL, Marine Le Pen a confirmé qu'elle ne se présenterait pas devant les juges concernant l'affaire des présumés emplois fictifs au Parlement européen. La candidate du Front National s'est encore une fois étonnée du calendrier judiciaire la concernant

"Dans cette affaire, le parquet a été saisi il y a trois ans. Il y a un an, je n'en pouvais plus d'attendre, et j'ai réclamé moi-même la désignation d'un juge, on me l'a refusé. Et là, comme par hasard, on s'agite à deux mois de l'élection : on se met à faire des perquisitions, des auditions et des mises en examen", dénonce Marine Le Pen. "Je pense qu'il y a une instrumentalisation de la justice, qui cherche à peser sur l'élection présidentielle", estime la candidate. Selon elle, il y aurait "un fumet de persécution", auquel Marine Le Pen ne compte "pas se soumettre".

Si Marine Le Pen était élue présidente, couperait-elle le lien entre le ministère de la Justice et le parquet ? Sa réponse est simple, c'est "non". "Il doit effectivement dépendre du politique, mais je veux juste qu'on le dise. Il n'est absolument pas indépendant, il reçoit des ordres et il faut que ces ordres soient donnés par des gens qui ont une certaine conception de l'État de droit et qui ne se servent pas du parquet comme d'un outil politique. Le problème, ce ne sont pas les lois mais les hommes", assure la présidente du Front National.
Si elle ne gagne pas, Marine Le Pen ira devant les juges

Dans le cas où elle échouerait à la présidentielle, Marine Le Pen se rendra devant les juges. "Comme je l'ai fait après les élections régionales", tient-elle à rappeler. "J'y suis allée après la campagne et j'ai été mise hors de cause", dit-elle, faisant référence à une enquête visant le FN sur des soupçons d'escroqueries au préjudice de l'Etat lors de la campagne des législatives 2012

Enfin, la candidate du FN est revenue l'immunité pénale du président de la République, qu'elle souhaite préserver. "Croyez-vous que l'on puisse accepter qu'un magistrat puisse venir attraire pour des raisons politiques ?" s'interroge Marine Le Pen. "Si on ne maintient pas l'immunité du chef de l'État, on tombe dans ce que l'on appelle 'le gouvernement des juges', soit l'inverse de notre état de droit".

Par Léa Stassinet le 08/03/2017

RTL