mardi 21 mars 2017

Présidentielle : la CFDT appelle ses adhérents à ne pas militer pour le FN, sous peine d'exclusion

CFDT drapeau

Dans un mois aura lieu le premier tour de l'élection présidentielle. Onze candidats sont sur la ligne de départ, et parmi ces onze, un particulièrement ne plaît pas à la CFDT (Confédération française démocratique du travail). Ou plutôt une.

Depuis lundi, l'organisation syndicale - affilié à aucun parti ou candidat - diffuse à ses 800.000 adhérents un document de six pages les appelant à ne pas voter pour Marine Le Pen et le Front National. Un argumentaire pour "décrypter et révéler ce que cache" (ce sont les termes employés) le programme du parti d'extrême droite.
 
"Ce parti ne correspond absolument pas aux valeurs que nous défendons en tant qu'organisation syndicale" - Elisabeth Le Gac, secrétaire régionale CFDT en Auvergne-Rhône-Alpes

Dans cet argumentaire, cinq axes du programme du Front National sont critiqués : la préférence nationale, la sortie de l'Europe et de l'Euro. La CFDT dénonce aussi un "parti antidémocratique", et dont "les idées sont incompatibles avec l'émancipation des femmes". Selon Elisabeth Le Gac, c'est le rôle de la CFDT "d'être sur le terrain de la politique pour pouvoir servir les travailleurs". Elle poursuit : "nous défendons la démocratie, l'émancipation, la solidarité, le respect du droit de l'homme... le FN est un parti dangereux pour la démocratie". Contre le Front National oui, pour autant, la CFDT ne s'engage auprès d'aucun parti. Néanmoins, "on interpelle les candidats" rappelle Elisabeth Le Gac. en effet, un questionnaire de 35 questions a été envoyé aux candidats à l'élection présidentielle - sauf... Marine Le Pen - les réponses sont attendues d'ici la mi-avril et seront publiées sur le site de l'organisation syndicale.

"Si on a des adhérents qui sont clairement engagés au Front National ? On les exclut à ce moment là" - Elisabeth Le Gac

Si la CFDT appelle ses adhérents à ne pas voter Front National, se pose alors la question du rapport au sein du syndicat avec d'éventuels sympathisants frontistes. "On veut débattre, échanger avec eux pour leur expliquer la problématique du Front National, explique Elisabeth Le Gac. Après, si on a en effet des adhérents qui sont clairement engagés au Front National, on discute avec eux. Mais si ces personnes maintiennent leurs positions, oui, on exclue à ce moment là ces personnes puisqu'elles sont en complet désaccord avec les valeurs que nous défendons." Ils sont prévenus.

Sur Twitter, la CFDT a réagi à ces propos : "La CFDT combat le FN mais n'a jamais menacé d'exclure des adhérents en fonction de leur vote !"

Par Julien Morin le 21/03/2017


Note BYR : on rappelera simplement que le 17 février 2015, la CFDT a radié pour son adhésion au mouvement de Marine Le Pen, Stéphane Montrelay, le maire de Rans, aujourd'hui conseiller régional de Bourgogne-Franche-Comté et secrétaire du FN pour la troisième circonscription du Jura. Madame Le Gac nous ramène donc aux droits de l'homme. Voici, à ce sujet ce qu'expliquait Stéphane Montrelay à la presse au soir de son exclusion du syndicat où il était son représentant du personnel au sein du CHSCT de l'usine Solvay de Tavaux. "Le Front national n'est pas un parti politique interdit en France. Si on commence à exclure les gens car ils n'ont pas les mêmes idées politiques, on est loin des droits de l'homme".