mercredi 1 mars 2017

Quand François Hollande menaçait lui aussi les hauts fonctionnaires

François Hollande meeting

A l'évidence, François Hollande est doté d'une mémoire sélective ou d'une incroyable mauvaise foi. Lundi, le chef de l'Etat avait réagi contre les propos de Marine Le Pen tenus la veillle dans un meeting de campagne à Nantes. La candidate à la présidentielle avait adressé un avertissement clair à certains fonctionnaires qu'elle soupçonne de collusion avec le gouvernement pour la contrer.

François Hollande, lors d'une visite au siège du Grand-Orient de France, inédite pour un président en exercice, a déclaré qu'il n'accepterait «jamais qu'on puisse mettre en cause les fonctionnaires dans notre République au prétexte qu'ils appliquent la loi et qu'ils font en sorte que la justice puisse travailler».

Le problème pour lui est qu'il avait tenu des propos similaires, voire plus menaçants encore à l'égard des fonctionnaires durant la campagne de 2012.

Le 19 février, il avait ainsi accusé Nicolas Sarkozy d'avoir mis en place «un État UMP, «un système» dans la police et la justice. «C'est vrai qu'il y a eu un Etat UMP qui s'est installé, c'est vrai que Nicolas Sarkozy - il en a lui-même pris la responsabilité puisqu'il a été ministre de l'Intérieur puis président de la République (...) - a mis un vrai système en place au niveau du ministère de l'Intérieur, avec un certain nombre d'excès dont les tribunaux sont aujourd'hui saisis», avait dit celui qui était alors le candidat du PS.

«Dans la justice aussi il y a eu des nominations de procureurs qui ont été des amis du pouvoir, avait-t-il ajouté, Eh bien nous aurons, sans qu'il y ait de brutalité, sans qu'il y ait d'excès, à remettre l'Etat républicain à sa place». François Hollande avait enfin lancé une menace à peine voilée: «Aucun de ceux qui aujourd'hui exercent des responsabilités et qui sont loyaux n'ont à s'inquiéter mais, en revanche, ceux qui sont liés à ce système auront forcément à laisser la place à d'autres», avait-il prévenu, selon une dépêche AFP exhumée, qui n'a pas tardé à circuler dans les milieux frontistes.

Par Emmanuel Galiero le 01/03/2017