dimanche 19 mars 2017

Soumission : la classe politique québécoise s’écrase

Quebec independance menottes


Par Patrice-Hans Perrier * le 17/03/2017

Jean-François Lisée, chef du Parti québécois, fait des pieds et des mains pour tenter de conclure une alliance de circonstance avec Québec solidaire, dans un contexte où une part croissante de l’électorat boude le soi-disant navire amiral de la cause souverainiste. Il faut dire que le frère jumeau du Parti socialiste français bat de l’aile depuis que les authentiques patriotes ont découvert le pot aux roses : le Parti québécois n’est souverainiste que dans ses rêves.

L’ancien Premier ministre péquiste, Pauline Marois, ayant été jusqu’à proposer de fonder un pays du Québec assorti d’un espace Schengen, sorte de no man’s land sans frontières… Cette tirade ubuesque aura contribué à décrédibiliser l’infortunée politicienne. Libre-échangistes, les ténors du PQ ont été les premiers à courtiser les Américains pour que le Québec s’intègre le plus rapidement possible au nouvel espace panaméricain anticipé par les néoconservateurs. Proposant d’adopter la monnaie américaine, les huiles péquistes visaient la dissolution du Canada afin de faciliter la ré-ingénierie d’un Québec appelé à se fondre dans ce nouveau magma. Le petit peuple n’a pas marché dans la combine.

Le fantasme d’un troisième référendum mis sous le boisseau, Jean-François Lisée courtise avec insistance l’équivalent du Parti de gauche français. Québec solidaire demande des gages : nos souverainistes de pacotille doivent oublier la question identitaire et montrer patte blanche en matière de déontologie multiculturelle. Boudé par sa frange conservatrice, le PQ n’a plus d’autre recours que de se rabattre sur la ligne Clinton-Soros s’il veut être en mesure de surnager.

Et voilà que Radio-Canada est venue accélérer le processus de mutation de l’état-major péquiste en diffusant, la semaine dernière, un reportage assimilant le mouvement nationaliste québécois à une « extrême droite » européenne qui a le vent en poupe.

Nous proposant les éternels a/malgames au goût du jour, le média d’État a dressé un véritable réquisitoire contre les intellectuels québécois qui osent s’épancher sur la cause identitaire. Toute cette plaidoirie prolongeant la campagne de dénigrement qui a suivi les attentats à la Grande Mosquée de Québec, on comprend que le gouvernement Trudeau tente d’anéantir toute velléité souverainiste.

Le Parti québécois a toujours porté un projet résolument social-démocrate, vraiment pas nationaliste. Toutefois, une portion appréciable de son électorat a manifestement mué depuis le deuxième échec référendaire de 1995. C’est ce qui explique que certains militants osent, depuis peu, tisser des liens avec les patriotes du Front National ou d’autres formations du même acabit. Craignant pour ses fesses, Jean-François Lisée s’est dédouané, sur les ondes de Radio-Canada, le 9 mars dernier, en avisant les téméraires qui se risquent à de telles fréquentations qu’ils n’ont plus leur place au Parti québécois.

Rien de surprenant à tout cela. Déjà, en mars 2016, l’état-major du PQ avait décrété que Marine Le Pen était persona non grata et qu’il était hors de question de lui adresser la parole. Une année plus tard, une fatwa vient d’être lancée contre les sympathisants frontistes qui tenteraient de contaminer le vaisseau fantôme péquiste.
 
* L'auteur ou les auteurs du présent article ne sont en rien membres du FN, du RBM ou d'un mouvement de cette famille politique -à la connaissance du BYR- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.