jeudi 2 mars 2017

UE: les commissaires lancent la charge contre Le Pen

Hogan Phil

Katainen

Les commissaires sortent du bois contre Marine Le Pen. Deux têtes d'affiche de l'équipe Juncker, le vice-président finlandais Jyrki Katainen et l'Irlandais Phil Hogan, en charge de l'Agriculture, ont rompu jeudi une longue tradition de non-ingérence dans les scrutins nationaux, respectée y compris durant la campagne du référendum britannique l'an dernier. Jeune et conservateur, l'ancien premier ministre finlandais lance la charge depuis Bruxelles, en désignant la candidate du Front National comme l'ennemie principale. Elle «cherche à détruire l'Union européenne, un projet qui pourrait bien se concrétiser si les Français laissent faire».

Au minimum, l'élection de Marine Le Pen, conduirait à une incertitude économique accrue en France et en Europe, «c'est-à-dire à une montée du chômage», poursuit-il devant quelques journalistes.

Jyrki Katainen, homme clé dans le traitement de la double crise de l'euro et de la dette, s'alarme de voir une partie de la classe politique continentale «s'attaquer aux fondements de la construction européenne pour des gains électoraux à court terme» et ce, sans s'attirer de réplique crédible à demeure. «Le référendum britannique de juin 2016 a pourtant démontré qu'un gouvernement peut se retrouver propulsé, du jour au lendemain, là où il ne souhaitait pas aller.»

Pour le vice-président de la Commission, ce n'est pas Bruxelles, mais les électeurs eux-mêmes qui doivent en dernier ressort ramener les partis dans le droit chemin. Au passage, il rend un hommage à la fibre européenne d'Angela Merkel et, en France, au candidat Emmanuel Macron: «Il a délibérément inscrit le choix européen au centre de sa campagne (...) Le problème est qu'il n'y en a pas beaucoup d'autres...

Phil Hogan, lui, a choisi le Salon de l'agriculture, à Paris, pour tenter de détourner de Marine Le Pen un électorat cible du FN. La candidate veut «faire peur aux agriculteurs et leur faire croire que tout ira bien si on se débarrasse de l'Europe», explique le commissaire irlandais. La réalité, dit-il en s'inspirant du précédent britannique, c'est qu'ils seraient «les grands perdants», à l'image de leurs collègues d'outre-Manche, privés d'aides directes à partir de 2020. Au sein de la Commission, jusqu'ici, seul le Français Pierre Moscovici s'en était pris directement à la candidate, dans des interviews à des médias hexagonaux. «L'Europe a besoin de médecins, pas de charlatans», disait-il récemment au Monde. «Le remède qu'elle propose est pire que le mal: c'est l'euthanasie de l'Europe.»

Par Jean-Jacques Mevel le 02/03/2017


Note BYR : en deux phrases tout est dit : il ne faut pas de référendum car ils peuvent ne pas aller dans le sens voulu et il faut rendre un hommage et soutenir... Emmanuel Macron ! Mais pour qui se prennent-t-ils ?