lundi 3 avril 2017

À Bordeaux, Marine parle d'immigration aux habitants du Sud-Ouest et aux électeurs de François Fillon

Marine Bordeaux avril 2017

"Nous ne voulons pas d’une France ouverte tous les flux humains, financiers, commerciaux, sans contrôles, sans protections, sans frontières !"

À Bordeaux, s’exprimant une nouvelle fois devant une salle comble et enthousiaste (près de 3 000 personnes dans le fief d’Alain Juppé), Marine Le Pen a posé un des enjeux majeurs de cette campagne : rien moins que l’identité et l’avenir de ce pays, menacé plus que jamais de se dissoudre dans un « magma post-national ».

Cette question, elle interpelle bien au-delà l’électorat de la présidente du Front National, tous les sondages récents sur la question de l’immigration indiquant qu’une large majorité de nos compatriotes juge qu’il y a trop d’étrangers en France et qu’il faudrait arrêter ou réduire les flux migratoires. Et évoquer cette catastrophe migratoire permanente c’est jeter une pierre dans le jardin d’Emmanuel Macron, qui ne cesse de recycler à sa façon « cool » le slogan mensongerdes années 80 – « l’immigration, une chance pour la France » et a félicité Angela Merkel d’avoir fait entrer un million de migrants en quelques semaines sur le territoire allemand.

Voter Fillon c’est voter Macron (au second tour sinon au premier) !

C’est aussi rappeler la responsabilité effective et désastreuse de François Fillon en la matière : le Premier ministre de Nicolas Sarkozy a laissé entrer sur le territoire national pas moins d’un million d’étrangers pendant les cinq années qu’il a passées à Matignon. Et s’il n’y a rien à attendre d’Emmanuel Macron en matière de restriction des marées migratoires, il y a chez Fillon le traditionnel catalogue de fausses promesses et de demi-mesures susceptible de séduire un électorat de droite attaché à la protection de la France et de sa culture.
À cet électorat-là Marine Le Pen a voulu dire, répéter, qu’elle est la seule à avoir la volonté de remédier vraiment à ce problème fondamental car d’ordre civilisationnel, sécuritaire – et aussi économique vu le coût croissant pour nos finances d’une immigration de masse, sans qualification ni proximité culturelle. « Je dis aux gens de droite : ne vous laissez pas abuser par M. Fillon. Il a été Premier ministre pendant cinq ans (…) il n’en est rien sorti » a donc lancé, bien au-delà de son public bordelais, Marine Le Pen qui a encore rappelé cette autre évidence à ces mêmes électeurs conservateurs de l’Ouest : « Rien ne le (Fillon) sépare de Macron pour qui, main dans la main avec Valls, il appellera à voter au second tour ».
 
De ce point de vue, en effet, il n’y aura pas de différence entre François Fillon et Christian Estrosi !

Et c’est à dessein que la présidente du FN, et juste avant elle, Nicolas Bay, Secrétaire général du FN et directeur de campagne des élections législatives, ont martelé ce thème, dans cette vaste région « Nouvelle Aquitaine » née de la fusion récente de l’Aquitaine, du Limousin et du Poitou-Charentes, longtemps préservée de l’immigration visible, à l’instar des Pays de Loire et de la Bretagne. Une région qui est, on le sait, un bastion de cette droite conservatrice et jusque-là protégée globalement de l’insécurité et de la proximité avec des populations nombreuses, non intégrées et non intégrables.

Mais les temps changent et les mentalités politiques évoluent, de Bordeaux à Poitiers en passant par Limoges : la grande enquête régionale Cevipof/Ipsos/France 3 réalisée mi-mars – sur un échantillon de 15 000 personnescrédite d’ores et déjà notre candidate de 23% d’intentions de vote ; c’est moins que sa moyenne nationale et que dans la plupart des autres régions, mais c’est nettement au-dessus des 16,44% qu’elle avait obtenu sur les 3 anciennes régions en 2012. Et c’est nettement plus que les 18% que le Cevipof donne à François Fillon sur la Nouvelle Aquitaine.

Bref, en Nouvelle Aquitaine comme partout ailleurs dans le pays, il s’avère que face à la gauche mutante et ultra-libérale de Macron, ex-ministre de Hollande, le seul vote utile, pour la sécurité et l’identité, c’est le rassemblement autour de Marine Le Pen, et non plus la vieille droite de Fillon.

Par Epolitic le 03/04/2017

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