mardi 11 avril 2017

Air du temps : Les médias ont-ils troqué Macron contre Mélenchon ?

Macron Mélenchon 1

Depuis quelques jours les médias « mainstream » (officiels) semblent prendre – un peu – de distance avec Emmanuel Macron (même BFMTV!). Pourquoi, comment ? Quelques sondages qui indiquent une stagnation ou un recul du candidat de François Hollande. Et un débat très médiatisé où, de l’avis général, Macron a été transparent et comme dépassé.

Le roi Macron est (de plus en plus) nu

On a déjà dit ici que les variations sondagières de 1 ou 2 points n’ont guère de significations et que les savants commentaires des analystes à ce sujet frisent le grotesque. On a dit aussi que si les sondages doivent vraiment indiquer une « tendance », c’e n’est que s’ils se répètent sur une période assez longue – dans le temps sondagier, au moins une quinzaine de jours. Mais on a rappelé que les scores dont est crédité Macron sont suspects. Parce que ce candidat conserve la base électorale la plus fragile, et qu’il y a beaucoup d’indécis dans ses rangs.

Ceci posé, il est possible que ce pur produit du système économico-médiatique ait atteint ses limites, avec une ligne fluctuante, mais néanmoins de plus en plus proche de celle de François Hollande. Une filiation et un flou qui deviennent chaque jour plus voyants. Et aussi, il est possible que les attaques de Marine Le Pen sur la grande proximité – disons ça comme ça – des médias – et singulièrement de BFM – avec Macron aient fini par porter un peu, obligeant ces mêmes médias à un peu de distance, sinon d’objectivité

Mélenchon ou le « populisme » agréé par le système médiatique

Alors, à peu près depuis le même moment, ces mêmes médias nous refont le coup – comme à la présidentielle de 2012 – de Mélenchon, candidat le plus talentueux et le plus apprécié des Français à les entendre. Outre qu’il ne nous semble pas avoir été si « talentueux » et dominant que ça lors du débat, le candidat de la France Insoumise, bien qu’en ascension sondagière ces derniers jours – au point d’inquiéter François Fillon ! – est toujours, même à son « zénith », très loin derrière Marine Le Pen (16 contre 25 dans le sondage OpinionWay/Les Échos, ce 7 avril). Donc, désolé, mais Marine est, en l’état actuel des choses, plus populaire que Jean-Luc. Et dans tous les sens du terme, au vu de la sociologie des électorats.

Oui mais voilà, Jean-Luc Mélenchon, si antilibéral, anti-européen ou anti-atlantiste qu’il se déclare, représente toujours, pour la caste intello-médiatique dominante, le populisme acceptable par BFM, C-News, France2, Le Monde, Libération ou Télérama. Parce qu’il est immigrationniste. C’est en cas de faillite de Macron – celle du PS et de Hamon est déjà consacrée – une « carte » de réserve pour contrer Marine Le Pen et le regroupement des patriotes du FN et d’ailleurs. À notre avis, ce n’est pas une carte très fiable…

Enfin il y a aussi un opportunisme inhérent aux médias, surtout en ces temps d’information continue – et de concurrence entre les médias : il faut toujours être du côté de ce qui semble être « porté » par l’opinion – sauf quand il s’agit de Marine Le Pen. Apparemment, Macron semble moins « porté » que Mélenchon, pour le quart d’heure…

Le 11/04/2017

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