jeudi 27 avril 2017

Ce front anti-Macron qui se lève...

Vote

À droite

Les caciques LR peuvent bien, au bout de 3 heures de débat, avoir accouché d’un communiqué aussi filandreux que lâche appelant à faire battre Marine Le Pen sans oser dire de voter Macron, le divorce entre cette nomenklatura – aussi déphasée et désavouée aujourd’hui que l’était la nomenklatura soviétique à la fin de l’URSS – et la base électorale de la droite se précise de jour en jour.

Dès dimanche soir Sens Commun, la tendance catholique militante au sein des Républicains – organisatrice du rassemblement filloniste du Trocadéro -, avait déjà refusé la consigne de vote pro-Macron de son ex-champion Fillon. Et mardi La Manif pour tous a publié un communiqué qui est un autre désaveu de François Fillon et du politburo LR : « Macron c’est non » car, au deuxième tour, il est « le candidat ouvertement anti-famille ». Christine Boutin, issue de la même sensibilité et ex-ministre de Sarkozy, a confirmé lundi au Figaro qu’elle voterait Marine Le Pen le 7 mai : « Je suis scandalisée que la droite ait trahi ses électeurs qui s’étaient fait une raison de voter François Fillon, en annonçant, un quart d’heure après la défaite, un vote en faveur du candidat d’En marche ! ». Philippe de Villiers, qui a déjà déclaré son admiration pour l’action entreprise par Marine Le Pen, est une autre figure symboliquement importante de ce front du refus de droite et ne devrait pas manquer de stigmatiser lui aussi cette énième dérive des états-majors de la droite et du centre .

De son côté Henri Guaino qui incarne, mieux que beaucoup de  « chapeaux à plumes » LR, la tradition gaulliste, s’est montré catégorique ce mardi sur LCI : « Jamais personne ne me fera voter pour Emmanuel Macron ! (… ) Je suis en désaccord avec tout, je me bats depuis des années en politique contre ce qu’il incarne, contre ce qu’il représente, contre ce qu’il fait ! ».

À l’extérieur de LR mais non du gaullisme social et patriotique, Nicolas Dupont-Aignan (1,7 million de suffrages le 23 avril) appellera peut-être à voter, jeudi, Marine, mais certainement pas à voter Macron « candidat des banquiers » selon ses propres termes. Et au sein même des Républicains, le député Georges Fenech continue d’animer la fronde anti-Macron, criant au suicide de sa famille politique. Parmi ceux qui sont sur sa ligne le pugnace député des Yvelines Jacques Myard, qui prône le « ni-ni »

Toutes les consignes de M. Fillon, Juppé et Sarkozy et Le Maire – autant de recalés du suffrage universel – n’y pourront rien changer : une brèche s’est ouverte dans le mur du conformisme politique UMPS, et elle peut, d’ici le 7 mai, laisser échapper un torrent d’électeurs pro-Marine.

… à gauche aussi

La mayonnaise Macron a bien du mal à prendre à gauche aussi, en dépit de la pression politico-médiatique et des leçons de morale de François Hollande : ainsi Mélenchon refuse obstinément lui aussi d’appeler à voter Macron. Et somme toute c’est normal car son programme, ses idées et jusqu’à ses références culturelles et historiques sont aux antipodes des orientations d’Emmanuel Macron et de sa sous-culture affairiste mondialisée

Et dans cette « France insoumise » aussi, la tentation Marine existe : 19% affirme l’Ifop. Certainement plus au final car, pour ce qui est de la protection sociale des plus modestes, entre Marine et Macron il n’y a pas photo.
Les Taubira et autre Clémentine Autain, figures de la gauche radicale médiatique, jouent actuellement, contre Jean-Luc Mélenchon lui-même, les rabatteuses pour Emmanuel Macron : pas sûr qu’elles empêchent, là aussi, des « fuites » électorales sérieuses vers la candidate patriote.

Bref, il semble que « vendre » Macron à ceux qui se scandalisent des inégalités comme à ceux qui s’inquiètent pour leur identité soit plus difficile que prévu…

Le 26/04/2017

FN législatives 2017