jeudi 6 avril 2017

Débat BFM-TV-Cnews : Marine au centre – géographique et politique– des débats

Débat BFM-TVjpg

Reconnaissons que le tirage au sort du débat de BFM avait bien fait les choses : Marine Le Pen occupait en effet sur le plateau une position on ne peut plus centrale, comme une métaphore visuelle de son rôle et de son poids électoral dans cette présidentielle de type nouveau. Elle s’est présentée comme Française et mère de famille, et aussi bien sûr comme la candidate de la souveraineté de la nation et de la puissance retrouvée de l’État, pour lutter aussi bien contre le terrorisme islamiste destructeur de vies que contre le libre échangisme mondialisé destructeur d’entreprises et d’emplois français.

Pro-té-ger ce pays et son peuple…

Ensuite, ce fut donc le débat avec les limites du format choisi, chacun des 11 candidats devant faire tenir ses propositions en 20 minutes (maximum) d’interventions au total, ventilées sur trois parties. Marine Le Pen a néanmoins pu rappeler, sur l’emploi, la nécessité de la baisse des charges de entreprises, et singulièrement des PME/TPE, d’un protectionnisme intelligent contre le dumping social et environnemental mondialisé, et de protéger l’emploi français par un système fiscal préférentiel et refusant aussi la directive européenne sur les travailleurs détachés. Elle a pu revenir sur l’urgence de ce protectionnisme intelligent, pratiqué avec succès et sans états d’âme par la plupart des pays et que nous devons enfin, à notre tour, mettre en place pour sauver notre agriculture et maints secteurs industriels, en dénonçant les traités internationaux ultra-libéraux, acceptés par la gauche et la droite de mauvais gouvernement. Et, répondant à François Asselineau sur une éventuelle sortie de l’Union, elle a marqué sa volonté de consulter, après négociation avec les partenaires européens, le peuple français sur cette question essentielle de liberté et de souveraineté.

Assez vite Marine Le Pen a parlé assez clair et ferme pour qu’Emmanuel Macron se sente obligé de tenter de reprendre la main par une sortie grotesque, digne de François Hollande, assimilant la sortie de l’euro au nationalisme qui a ensanglanté l’Europe au siècle dernier : faiblesse insigne d’une argumentation basée sur l’incantation, l’anachronisme et la diversion, et qui sent très fort la gauche morale dont vient, après tout, Emmanuel Macron.

… Et rendre la parole à ce peuple

Quant à la lutte contre le terrorisme, notre candidate a posé un préalable : la maîtrise de nos frontières, grâce à un effort financier pour rétablir les 12 000 policiers et gendarmes et 50 000 militaires supprimés par le gouvernement Fillon. Fillon dont elle a rappelé le rôle irresponsable en Libye, devenue une base islamiste géante du fait de l’intervention voulue par son gouvernementFillon a du reste préféré « botter en touche »… Et elle a dénoncé la complaisance fiscale mise en œuvre par le même Fillon Premier ministre vis-à-vis du Qatar. Des rappels qui ont dû sonner désagréablement aux oreilles de Fillon, et qui devraient faire réfléchir nombre de ses électeurs.

Sur le thème de la présidence exemplaire, la candidate a vertement répliqué à Philippe Poutou qui recyclait la vulgate médiatique sur les assistants parlementaires européens du FN, rappelant que dans cette affaire il n’y avait aucun enrichissement personnel, mais en revanche une persécution politique euro-médiatiqueMarine Le Pen a aussi mouché à deux reprises dans l’émission Mmes Elkrief et Ferrari, arbitres du débat un temps tentées par le rôle de procureursou d’avocats quand il s’agit de Macron (des tentations récurrentes chez elles)… Et elle a répété qu’une présidence exemplaire c’était celle qui donnait la parole au peuple autant de fois qu’il était nécessaireune pierre dans le jardin dévasté de l’UMPS. Ce qui inspirait évidemment aussi sa contribution sur le dernier thème, celui de la démocratie : une démocratie dont la bonne santé passe par une révision de la constitution garantissant le référendum d’initiative populaire, la baisse du nombre des députés mais aussi la défense de nos traditions culturelles comme, par exemple, le maintien des crèches dans les mairies.

Pour finir sur la protection sociale, Marine Le Pen a défendu le service publicet la protection sociale à la française, contre toutes les tentatives de privatisation, et contre le critère de rentabilité défendu par les libérauxde gauche, de droite et du centre, critère qui s’oppose au principe même de service public, qu’il s’agisse des hôpitaux, des trains ou des postes, qu’on ferme parce qu’ils coûtent alors qu’ils correspondent à des besoins vitaux.

Dans sa conclusion, elle a voulu exprimer l’idée fondamentale que les Français, quelles que soient leurs origines vivent dans une nation, une patrie dont ils sont propriétaires. Une propriété qu’ils doivent défendre par des frontières, une souveraineté restaurée et la conscience de former une communauté nationale, fondement de leur liberté.

Fillon éteint, Macron transparent, Mélenchon discret (!)…

Et sinon ? Eh bien François Fillon a paru le morne défenseur d’une politique libérale et européiste usée et bâtie sur le mépris du peuple français et la soumission aux technocrates de Bruxelles. Et surtout, Emmanuel Macron a poussé globalement la recherche d’un consensus au point de se montrer ennuyeux et finalement peu audible, répondant maladroitement aux rappels de ses responsabilités gouvernementales récentes et de ses compromissions avec des puissances financières. Nicolas Dupont-Aignan a défendu une ligne politique générale qui va assurément dans la bonne direction mais qui est déjà défendue, avec d’avantage de chances de succès, par Marine Le Pen. Jean-Luc Mélenchon a paru assez en retrait, se bornant à rompre deux ou trois lances contre Fillon et son concurrent direct Hamon. Hamon, lui, a paru – c’est du moins notre impression – un assez pâle décalque de François Hollande (c’est dire son charisme)… Quant à M. Lasalle, candidat solitaire en rupture de bayrouisme, il a fait montre dans ses interventions d’un bon sens terrien, qui a pu susciter la sympathie, à défaut d’adhésion.

Enfin les deux candidats trotskystes ont défendu avec conviction des politiques en décalage absolu d’avec un certain nombre de réalités contemporaines, sur la concurrence internationale, l’immigration, la défense de l’identité et le terrorisme, et structurées par des schémas marxistes antiques, scolaires et décalés.

Une dernière chose : les défenseurs du Système en place, qu’ils s’appellent Fillon, Macron ou Hamon, étaient le plus souvent sur la défensive tout au long de ce débat.

On nous permettra de penser que c’est bon signe…

Le 06/04/017

FN législatives 2017