vendredi 28 avril 2017

Des présidents d'universités appellent leurs étudiants à voter contre le Front National

Université Paris Descartes

Une partie du corps universitaire s'érige contre le Front National. Les présidents d'universités de Paris-Descartes, de Poitiers et de Bourgogne, ont clairement pris position pour le second tour de l'élection présidentielle. Ils appellent en effet leurs étudiants à ne pas voter pour le Front national, dimanche 7 mai. 

Yves Jean, président de l'université de Poitiers, explique, dans un message publié sur Facebook:

"Pour le président d'une université dont la richesse est la présence, depuis des décennies, de plus de 4.000 étudiants internationaux qui ont fait le choix de poursuivre leurs études à Poitiers, originaires de 122 pays, université dont la politique de solidarité internationale s'est encore récemment manifestée par l'accueil d'étudiants réfugiés syriens après le soutien aux étudiants et collègues de Haïti, et dont la finalité est d'éduquer à la citoyenneté, (...) il faut faire barrage à la candidature de Marine Le Pen, dont le projet est totalement à l'opposé de cette ouverture à la diffusion des connaissances au plus grand nombre, à la citoyenneté, à l'Europe et au monde".

Le leader du Front National dans la Vienne va porter plainte

En outre, dans un mail envoyé ce vendredi matin aux 26.000 étudiants et 3.000 personnels de l'établissement, et que s'est procuré France Bleu, il précise: "Le 25 avril, le bureau de la Conférence des présidents d'université sa appelé à voter contre 'l'extrémisme que porte la candidature' de Madame Le Pen, appel que je soutiens". 
Alain Verdin, leader du Front national dans la Vienne, s'est indigné auprès de BFMTV.com:

"C'est déplorable de voir un tel comportement de la part d'un haut fonctionnaire, président d'université. Il est antidémocratique d'influer sur le vote et d'utiliser les adresses mail des étudiants. C'est la première fois que je vois ça, et je ne peux pas le laisser passer. J'en ai informé les instances du parti, et dans les heures qui viennent, je compte porter plainte contre Monsieur Yves Jean pour propagande électorale. Je demande également sa démission".

"Je transgresse une règle que je me suis fixée"

Frédéric Dardel, président de l'université de Paris-Descartes, a lui aussi tenu à s'adresser à ses étudiants et enseignants, jeudi 27 avril, dans un mail relaté par Le Monde:

"Le populisme ne propose que des messages à l'emporte-pièce, faciles à entendre et simplistes à ceux qui renoncent à tout esprit critique. Et l'esprit critique est la base même de la démarche scientifique et de l'âme universitaire. Le droit de vote est un don précieux, c'est le fondement même de la démocratie. Vous pouvez ne pas souscrire à tout ou partie du programme des candidats, mais le choix du 7 mai sera un choix crucial de société, bien au-delà de leur programmes politiques. Votez". 

Contacté par BFMTV.com, il explique sa démarche:

"Quand j'ai écrit ce texte, je savais que je prenais un risque. Le message que j’ai envoyé emploie uniquement des arguments liés à l’impact du Front national sur ma fonction de président d’université, et mes étudiants. Je ne suis pas juste un fonctionnaire. Est-ce que je manque à mon devoir de réserve? Certes, je transgresse une règle que je me suis fixée, mais je suis un élu, avec un programme de président d’université. En tant que chef d’établissement, je pense que c’est mon devoir de leur dire 'je m’inquiète'. Je pense qu’une partie des étudiants ne vote pas, et je leur dis: 'il va y avoir un vrai choix de société, les deux candidats sont extraordinairement différents'. En ne votant pas, on ne choisit pas. Ils courent un risque, et sont libres de voter pour qui ils veulent".

La sortie de l'Union européenne comme argument

Le 25 avril, la Conférence des présidents d'université, qui rassemble "les responsables, hommes et femmes de 129 établissements d'enseignement supérieur et de recherche de notre pays" a également publié un communiqué, appelant à voter "contre l'extrémisme que porte la candidature de Marine Le Pen". Les arguments prônés sont, entre autres: "La sortie de l’Union européenne, la fermeture des frontières, la police des idées, la limitation du nombre d’étudiants, enseignants et chercheurs étrangers autorisés à venir en France sont inacceptables pour nous. Le risque est lourd pour la formation de la jeunesse et la production du savoir de notre pays."

Il en va de même pour Alain Bonnin, président de l'université de Bourgogne, qui explique que la France doit "renforcer la construction européenne. Car dans l'histoire des peuples, l'Europe est un espace unique de développement et de préservation de la paix".

Par Alexandra Milhat le 28/04/2017


Note BYR : Décidément "l'élite" prends véritablement les électeurs pour des abrutis ! Bientôt on verra des présidents d'universités accompagner les étudiants dans l'isoloir !!!