vendredi 28 avril 2017

En quoi Emmanuel Macron est-il « progressiste » ?

Macron et Brigitte


Par Gabriel Robin, SG du CLIC le 28/04/2017

Emmanuel Macron se rêve en champion du « progressisme » contre un front de la réaction. Mieux : le marcheur sous-entend que tous ceux qui ne sont pas ses partisans seraient des « réactionnaires ». Une vision aussi manichéenne que mensongère. Dès son émancipation du domicile parental – l’Élysée de François Hollande -, le jeune Macron a voulu réunir le « camp des progressistes » sous sa noble bannière. Personnage de roman, rappelant par certains aspects le Bel Ami de Flaubert, l’ancien ministre de l’Économie a tout d’un homme du dix-neuvième siècle ébloui par les nouveautés de son temps. Et c’est là que le bât blesse. Car le progrès ne saurait se confondre avec la nouveauté.

Emmanuel Macron correspond à la société du « bougisme ». Sa mondialisation, c’est pouvoir trouver Netflix quand on est en déplacement professionnel à Los Angeles. Soit, c’est très bien. Mais cela ne vaut que pour une petite élite. Au Pas-de-Calais, les seuls effets perceptibles de la mondialisation sont les délocalisations d’usines, l’immigration sauvage et l’américanisation culturelle. Il s’agit donc d’une involution, d’une régression.
 
Quand une nouveauté représente un progrès, les peuples l’adoptent. C’est d’ailleurs ainsi que naissent les traditions en Occident.

« En Marche » vers le grand bond en avant, nous dit Emmanuel Macron, qui ne renie pas l’inspiration maoïste de son mouvement. Qu’il n’ait pas expliqué de quoi était fait son progressisme n’aura pas retenu huit millions d’électeurs de lui apporter leurs suffrages. La raison à ce triste état de fait est d’une simplicité biblique, anthropologique. L’homme, espèce mue par la curiosité, apprécie les découvertes techniques et scientifiques. Il sera donc gratifiant de choisir le camp de l’évolution, qui nous est consubstantielle. Problème : le « projet » d’Emmanuel Macron a un défaut majeur de conception. La société technique qu’il défend est rendue caduque par la suppression de ces barrières qui font les civilisations.

Je vais vous le démontrer en quelques exemples édifiants :

Comment un progressiste revendiqué comme Emmanuel Macron peut-il considérer que l’ouverture de nos sociétés à l’islamisme, pratique religieuse archaïque qui rejette l’ensemble de nos valeurs – à commencer par les lois temporelles codifiées par les hommes -, serait constitutive d’une évolution positive ? Ne voit-il pas que nous introduisons un virus qui peut, à terme, nous détruire ?

– Dans le même ordre d’idées : comment peut-on croire que le retour au temps des grands déplacements de population, c’est-à-dire à l’opposition millénaire entre les peuples nomades et les peuples sédentaires, serait le signe d’un âge d’or ? En fait de mondialisation heureuse, voire béate, nous avançons vers les conflits asymétriques généralisés à la planète entière. Bien sûr, depuis les grandes découvertes, initiées par les Européens – il faut le rappeler -, le monde est plus petit. Qui le nie ? Personne. Est-ce pour cette raison que nous devons nous confondre et perdre les cultures que des siècles de travail humain ont façonnées ?

Enfin, comment peut-on raisonnablement penser qu’une société de précaires annoncerait la fin des conflits sociaux ? L’ubérisation de l’économie représente l’opposition permanente des plus petits intérêts particuliers. Quand les femmes du tiers-monde portent les enfants des businesswomen de la Silicon Valley pour un salaire de misère, l’arraisonnement de l’homme à la technique n’est pas loin… Mais ces « privilégiées » sont aussi des victimesSongez qu’elles congèlent leurs ovocytes pour pouvoir continuer à travailler sans risquer de tomber enceintes.

Un progrès ? Non, un déclin.