vendredi 14 avril 2017

J-10 : de l'intox à la réalité...

Mélenchon Castro

À dix jours du premier tour, les médias continuent de déclarer leur toute nouvelle flamme à Jean-Luc Mélenchon, une flamme qu’ils entretiennent à coups de commentaires élogieux et de sondages sacrant le lider maximo de la France (prétendue) Insoumise comme le candidat le plus sympathique ou le plus proche des genson n’ose quand même pas le sacrer « candidat le plus apte à gouverner ».

On n’est pas vraiment surpris par ces manipulations : les médias qui n’ont pas changé en cinq ans – ils ont juste troqué Macron contre Hollande comme inspirateur principal nous avaient déjà fait le coup de « Mélenchon-qui-monte » à la présidentielle de 2012 : ce serait, souvenez-vous, la révélation de la campagne et sans doute la surprise du premier tour. Sauf que donné jusqu’à 17% d’intentions de vote, Mélenchon a finalement obtenu 11%. Écrasé par Marine Le Pen qu’il avait défié. Et encore écrasé par elle un peu plus tard aux législatives à Hénin-Beaumont.

Aujourd’hui, on « cote » Mélenchon à 18 ou 19%, au terme d’une progression de presque 10 points en quinze jours, au point de ravir la 3ème place au malheureux Fillon et de faire rêver tout haut ses partisans d’un duel avec Marine au second tour. Certes, il y aurait un signe fort de changement d’époque si, de Fillon à Hamon en passant par Macron, les candidats les plus évidents du Système étaient écartés du second tour. Mais il n’est pas du tout certain que le délire immigrationniste du candidat du PC et de la gauche extrême le maintienne si haut : en 2012 déjà, son discours lyriquement pro-immigrés de Marseille avait cassé sa dynamique. Et les mêmes causes pourraient entraîner les mêmes effets en 2017.

Marine Le Pen ? Toujours la première (et toujours la plus solide)…

Dans le même temps, les mêmes glosent sur la campagne de Marine Le Pen qui « patinerait », tentant même, sans grand succès, de susciter une « affaire » parce que Marine a repris, ni plus ni moins, la position du général de Gaulle et de ses trois premiers successeurs.

Mais les faits sont têtus. Et ils répètent que Marine Le Pen se maintient en tête dans toutes les enquêtes de ces dernières 48 heures :

-24% contre 23 pour Macron, 20 pour Fillon et 18 pour Mélenchon dans l’enquête quotidienne OpinionWay/Radio Classique/Les Échos du 12 avril
 
-23,5% contre 22,5 pour Macron, 19 pour Fillon et 18,5 pour Mélenchon dans l’enquête quotidienne Ifop-Fiducial/Paris Match/CNews/Sud Radio du 12 avril
 
-24% contre 23 pour Macron, 20 pour Fillon et 17 pour Mélenchon dans l’enquête quotidienne OpinionWay/Radio Classique/Les Échos du 13 avril

Ce qui n’empêche pas les médias de proclamer en boucle que « les écarts se resserrent », que les 4 candidats principaux sont « dans un mouchoir de poche » et que « tout reste possible » d’ici le 23 avril ?

Mais c’est du trompe l’œil : les intentions de votes de Marine Le Pen pèsent plus lourd que celles de ses adversaires à cause du taux de certitude de vote de ses sympathisants : entre 80 et 85% selon les dernières enquêtes. Qui dit mieux ? Pas Macron ni Mélenchon en tous cas, qui ne pourraient compter que sur un taux de certitude évoluant entre 50 et 60%.

Ce qui veut dire concrètement que les 24/25% dont est actuellement créditée Marine Le Pen constituent son « socle ». Mais que les 22/23 de Macron et les 18/19 de Mélenchon sont tout ce qu’il y a de plus hypothétiques en l’état.

Les analystes partisans (anti-Marine) peuvent bien raconter ce qu’ils veulent : il n’y a qu’une certitude dans cette élection mouvementée, la présence de Marine Le Pen au second tour.

Tout demeure effectivement possible, en revanche quant à l’identité de son adversaire. Mais aucun de ceux-ci n’est « hors d’atteinte » de notre candidate, Macron étant le successeur de Hollande et le candidat des marchés, Fillon étant politiquement et moralement décrédibilisé et Mélenchon l’héritier du PC et un immigrationniste obsessionnel.

Le 13/04/2017

FN législatives 2017