samedi 29 avril 2017

Jacques Attali et Laurence Parisot : deux soutiens gênants pour Macron

Macron Parisot


Par Jean-Michel Léost * le 28/04/2017

S’il ne veut pas passer pour le candidat des « élites » et de la finance, Emmanuel Macron devrait se méfier de certains de ses soutiens. Jacques Attali et Laurence Parisot, par exemple, ne lui rendent pas service en tenant des propos pour le moins inopportuns.

En 2007, Jacques Attali a connu Emmanuel Macron, qui participait à ses côtés à la rédaction du rapport sur la « libération de la croissance », commandé par Nicolas Sarkozy. Il a conseillé les présidents de la République successifs depuis François Mitterrand, a présenté le jeune banquier à François Hollande. Eh bien ! Il n’a rien trouvé de mieux que de qualifier d’« anecdote » le sort des salariés de l’usine Whirlpool d’Amiens !

Ce mentor de Macron, qui fait partie de ses intimes, estime sans doute que son projet économique, délibérément mondialiste, ne doit pas s’embarrasser des dégâts collatéraux qu’il peut produire : « C’est la compétence des ouvriers eux-mêmes de se prendre en main, des détenteurs du capital, du ministre des Affaires sociales », commente-t-il, exonérant son candidat de toute responsabilité. Pardi ! Qu’ils se forment, au lieu de boire des bières sur leurs piquets de grève !

Le camp Macron a essayé de rattraper cette bévue (qui n’en était pas une) comme il l’a pu. Richard Ferrand, secrétaire général d’En marche! et député socialiste, a écrit sur Twitter : « Ce que dit Attali sur #Whirlpool est une méprisable anecdote : qu’il se taise ! Avec @EmmanuelMacron nous luttons pour l’emploi @enmarchefr. » Et Benjamin Griveaux, porte-parole, de surenchérir : « Il faut qu’il se taise […]. Il appartient au monde d’avant, il serait heureux qu’il y reste. »

Puissent-ils être entendus ! Mais cela ne changerait pas grand-chose, maintenant qu’il a fait passer ses idées dans le programme d’Emmanuel Macron.

Un autre soutien, tout aussi gênant : celui de Laurence Parisot. L’ancienne présidente du MEDEF se verrait bien à Matignon. Elle pense correspondre au profil : « J’ai une expérience, je suis crédible. Donc je peux être prête », a-t-elle déclaré à l’hebdomadaire Marianne. D’ailleurs, précise-t-elle, « on se connaît bien ». En 2006, elle aurait souhaité recruter Macron, en tant que directeur général du MEDEF. Mais, après avoir hésité, il aurait décliné l’offre. 

De quoi agacer encore le secrétaire général d’En Marche ! Il a dénoncé, sur Twitter, un propos « inconvenant et vaniteux ». Pourtant, selon Marianne, un proche du candidat aurait confié que « dans les conversations, son nom revient très souvent » – à défaut de Jean-Yves Le Drian, jugé trop vieux pour incarner le renouveau.

Bon point pour elle, aux yeux des macronistes : elle a pris, depuis longtemps, position contre le Front National. Le hic, c’est que l’ex-patronne du MEDEF Premier ministre, cela fait un peu tache pour qui prétend rassembler tous les Français. On ne va pas reconnaître qu’on se prépare à mettre en œuvre la politique du patronat, tout de même !

Sans compter que Laurence Parisot n’aurait pas toujours incarné le patronat exemplaire, en dépit de ses déclarations sur la limitation des rémunérations des grands patrons ou le dialogue social. Elle aurait bien voulu faire modifier les statuts du MEDEF pour pouvoir effectuer un troisième mandat. Comme l’écrivaient alors un groupe d’opposants dans La Tribune, « la démocratie façon Laurence Parisot rejoint les pires excès des cumulards et des élus à vie de la Ve République ».

« Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es », dit l’adage. Emmanuel Macron devrait surveiller ses fréquentations.
 
* L'auteur ou les auteurs du présent article ne sont en rien membres du FN, du RBM ou d'un mouvement de cette famille politique -à la connaissance du BYR- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.