samedi 8 avril 2017

«La France dehors !» : des manifestants perturbent le meeting de Marine Le Pen à Ajaccio

Ajaccio Palais des congres

Alors que Marine Le Pen est en Corse ce samedi, des incidents ont éclaté au début de son meeting à Ajaccio. Selon plusieurs journalistes sur place, entre 12 et 15 militants indépendantistes ont été évacués de manière musclée de la salle. «A Francia fora», la France dehors, criait l'un d'eux.
 
Des coups ont été échangés et du gaz lacrymogène répandu, avant que la salle ne soit finalement évacuée. Quelques personnes étaient en pleurs à cause du gaz lacrymogène, notamment des personnes âgées. D'autres toussaient. Les manifestants évacués ont été regroupés à l'écart, à l'extérieur de la salle. Le Front National a tout de même maintenu le meeting et trouvé une autre salle dans le Palais des congrès. Marine Le Pen a finalement débuté son discours vers 15h45.

Un peu plus tôt, une cinquantaine de personnes manifestaient devant le Palais des congrès, rapporte le quotidien régional Corse Matin . «I fascisti fora, le FN on n'en veut pas», criaient les manifestants, non loin d'un dispositif policier. À ce stade, il était impossible de savoir si ces manifestants étaient les mêmes que ceux qui se sont infiltrés dans le meeting de Marine Le Pen.

«Le préfet laisse les milices d'extrême-gauche avancer à quelques mètres de l'entrée du meeting», a accusé sur Twitter David Racheline, directeur de campagne de Marine Le Pen. «Résultat: un militant sérieusement blessé, merci Monsieur le Préfet», a-t-il dénoncé dans un autre tweet. «'Dehors les Français' scandaient les militants anti-Marine qui ont attaqué la démocratie et agressé la République à Ajaccio», a affirmé pour sa part Florian Philippot, vice-président du FN, sur Twitter.

La manifestation a ensuite été revendiquée par le mouvement indépendantiste corse Ghjuventù indipendentista.
Créditée de 29% dans les sondages en Corse

Avec ses 220.000 électeurs inscrits, la Corse n'est pas un enjeu électoral de taille pour la candidate frontiste mais elle espère tout de même renouer avec les très bons scores de 2012. À l'époque, elle avait raflé 25% des voix sur l'Île de beauté avant d'enregistré des taux bien plus bas aux élections départementales et régionales, autour des 9%.

Alors que son père était persona non grata en Corse il y a 25 ans, Marine Le Pen a de bonnes chances d'y sortir en tête le soir du premier tour, comme le rappelle le quotidien régional Corse Matin . Un sondage publié début avril la plaçait en tête sur l'île de beauté avec 29% des intentions de vote, loin devant le candidat de droite François Fillon (21%) et Emmanuel Macron, candidat d'En Marche. Soit 4 points au-dessus de 2012. Marine Le Pen avait terminé deuxième, derrière Nicolas Sarkozy.

Spécificités régionales

Cette fois-ci, le FN mise sur un contexte local marqué par les tensions identitaires ces derniers mois autour de l'affaire du burkini. L'été dernier, de violents affrontements avaient notamment eu lieu entre des villageois et une famille d'origine maghrébine dans le village corse de Sisco. Le parti d'extrême droite est aussi prêt à mettre en avant les spécificités régionales pour conquérir l'électorat corse. Déjà en 2012, Marine Le Pen avait entonné le Dio vi salvi Regina, l'hymne national de la République corse entre 1735 et 1769, en conclusion de son meeting, juste après la Marseillaise.

Dans un entretien accordé à Corse Matin ce samedi, Marine Le Pen n'a pas souhaité commenté le contenu de son meeting mais a assuré qu'elle y ferait «un certain nombre d'annonces». «Ce que je viens dire, c'est qu'il y a un certain nombre de dangers et d'erreurs politiques qui ont été commises au niveau national et ont une influence sur nos compatriotes corses».

Le 08/04/2017

Le Figaro