mardi 25 avril 2017

Lettre ouverte d’une électrice dépitée des Républicains à François Fillon

Fillon cabinet noir


Par Marie Girard-Soppet * le 25/04/2017

Monsieur,

Fidèle électrice de la droite républicaine depuis de très nombreuses années, j’ai suivi, au fil du temps, les aléas, les vicissitudes et les turpitudes du parti auquel je n’ai cependant jamais cessé d’apporter ma voix. Ainsi, des mandats présidentiels inutiles et coûteux d’un Jacques Chirac, à celui, bling-bling et manqué, d’un Nicolas Sarkozy, en passant par les luttes intestines et destructrices qui ont opposé de nombreux responsables de vos instances nationales, rien n’aura été épargné aux militants d’un mouvement qui n’a cessé de se décrédibiliser et de se ridiculiser.

Pourtant, cette année encore, malgré le climat délétère qui n’a cessé de régner autour de votre candidature à la présidence de la République, et le spectacle affligeant de votre entourage immédiat qui s’est caractérisé par son manque d’engagement, de détermination et de loyauté, j’avais décidé, avec les 7.200.000 votants qui se sont portés sur votre nom, d’apporter mon soutien à votre projet présidentiel. Je pensais, en effet, que l’intérêt de la France devait l’emporter sur toute autre considération, et que seules devaient être prises en compte les compétences et l’envergure politique de notre prochain Président.

Malheureusement pour notre famille politique, les Français en ont décidé autrement. Ils ont souhaité que le choix final s’opère entre M. Macron, successeur de François Hollande, et Mme Le Pen, dirigeante du Front National.Ce résultat, décevant s’il en est, est en grande partie dû à ceux et celles qui vous ont abandonné, choisissant en toute conscience, souvent par intérêt personnel, de livrer une nouvelle fois notre pays à la gouvernance probable d’une gauche qui nous a menés à la faillite.

Fidèle à mes idéaux, et respectueuse de l’engagement politique qui paraissait être le vôtre, j’aurais pu comprendre et accepter cette nouvelle désillusion électorale. Mais votre choix pour le second tour de l’élection présidentielle et votre appel explicite à voter pour le candidat d’En Marche ! constituent pour moi un point de rupture définitif et irréversible.

En effet, comment justifier une telle décision après avoir passé, à juste titre, plusieurs semaines à critiquer le programme d’Emmanuel Macron, programme qui ne peut que conduire la France au désastre politique et économique ? Comment, les yeux dans les yeux, inciter vos électeurs à reporter leurs voix sur celui qui constitue l’archétype de la dissimulation et du mensonge politique ? Comment, enfin, renier par ce seul choix tous vos engagements passés, sinon au nom de la préservation des intérêts d’une caste qui vous est manifestement plus chère que l’avenir de notre pays ?

Votre seule volonté à faire obstacle à Marine Le Pen et au Front National ne saurait justifier cette trahison de vos électeurs. Même Jean-Luc Mélenchon, fidèle, lui, jusqu’au bout à ses convictions, n’a pas pris une telle décision.
Monsieur Fillon, je me suis gravement trompée sur votre compte, et en toute conscience et sans colère, je vous l’affirme aujourd’hui, ni vous ni votre camp n’aurez jamais plus mon suffrage. Et pour le second tour de cette élection de tous les dénis et les renoncements, je donnerai ma voix au parti des patriotes de Marine Le Pen, seul susceptible dorénavant de procéder au redressement de la France.

En espérant ne plus jamais vous revoir dans le paysage politique français, je vous prie de recevoir mes salutations distinguées.

Une électrice dépitée.
 
* L'auteur ou les auteurs du présent article ne sont en rien membres du FN, du RBM ou d'un mouvement de cette famille politique -à la connaissance du BYR- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.